Autodidacte : Asymétrie lexicale (Première partie)


« Requiem pour ce vocabulaire par trop négligé»

Voilà un sujet un peu déroutant. En effet, apprendre de manière autodidactique une langue peut souvent s’avérer assez frustrant voire décourageant. Les exemples sont nombreux et concernent divers points à différents moments dans votre apprentissage (qui, rappelons-le, ne prendra jamais fin dans l’absolu tout du moins). Après avoir étudié quotidiennement pendant trois ans et quelques une langue seul, chez moi, avec mes manuels (mais pas uniquement), je me suis rendu compte qu’un phénomène pouvait être particulièrement dérangeant (pour ne pas dire déprimant) et surtout lorsque celui-ci surgissait au bout de quelques mois/ quelques années…

Ce principe résulte directement de ce que tout bon apprentissage en autodidacte s’appuiera essentiellement sur vos envies, vos centres d’intérêts ainsi que l’ensemble de vos ressources personnelles. Apprendre en autodidacte c’est avant tout choisir de choisir ce que l’on apprend ; et ce, pour le meilleur comme pour le pire.  Car non la méthode miracle n’existe pas vraiment et l’apprentissage en autodidacte posera lui aussi ses propres limites, ses propres avantages et inconvénients (comparativement à une méthode plus conventionnelle dirons-nous).

Sans plus tarder, nous allons tenter de décrire une difficulté que peut-être beaucoup d’entre-vous auront déjà rencontrée ou rencontreront à un moment ou à un autre. Cette difficulté concernera l’écart plus ou moins important vis-à-vis de votre (futur) lexique général.

Il est vrai que nous avons l’habitude de parler de lexique et même de le schématiser et notamment au travers du principe de « champs sémantiques » liés donc à des thématiques plus ou moins précises. Prenons un exemple simple au travers du schéma ci-dessous :

Exemple de lexique pour un apprenant standard (objectif A2)

Cette vision du lexique dont on dispose me paraît assez réaliste pour peu que vous appreniez votre langue visée via une méthode plus classique tant celle-ci se reposera précisément sur une vision équilibrée de la langue. Ceci en vous proposant de travailler un peu chaque point (plutôt efficace) mais également de vous offrir un lexique général qui sera plus ou moins étoffé mais incontestablement stable. C’est ainsi qu’en débutant l’apprentissage d’une langue, vous n’aurez d’autre choix que de passer, inévitablement, par la sacro-sainte case : Animaux de la ferme…

A ce stade-ci, il est à peu près évident que votre visage devrait ressembler à cela : Smiley … Et comme l’on vous comprend. Toutefois, il serait mentir que d’affirmer qu’il serait totalement inutile d’en passer par là, et ce, malgré tout ce que l’on pourrait en penser. Certains, dont moi, mentionne souvent dans ce fameux vocabulaire dit « basique » une première différence entre celui qui serait basique et utile contre celui qui serait, à l’inverse, basique mais inutile. L’idée qui en découle serait évidemment de mettre l’accent, la priorité, sur l’acquisition de ce lexique utile. C’est ainsi que des termes comme la « table », « la chaise » ou encore « la cuillère » seront donc jugés essentiels pour vos premières conversations (loin de la classique et sempiternelle présentation de Soi). Mais alors pouvons-nous faire l’impasse complète sur tous ces autres termes jugés superflus ? La vache qui fait « MEUUUH » ou le cochon qui fait « GROUIK » par exemple…

Et bien rien n’est moins sûr. Comme souvent, la réponse dépendra grandement de votre projet, du niveau de langue que vous souhaiteriez atteindre par la suite. En effet, et de manière un peu contre-intuitive, il s’agit bien de prendre conscience que ce qui vous paraît inutile pour l’heure deviendra peut-être intéressant voire même indispensable par la suite.  Si ceci reste valable pour ce qu’il en va de « l’affreuse grammaire » ou de « la terrible conjugaison », le vocabulaire n’échappe en rien à la règle non plus. Après tout, un « tu es belle comme un agneau », « c’est jaune poussin » ou encore « il est têtu comme un buffle/taureau » s’appuieront bel et bien sur ce lexique basique inutile ( ?) des premiers temps ; ce même lexique qui, pourtant, finira inévitablement par vous ouvrir les portes des comparaisons imagées, métaphores, expressions idiomatiques, proverbes et autres dictons. Ces mêmes éléments qui vous donneront (tant en compréhension qu’en production) de quoi nuancer vos propos et surtout de quoi gagner en expressivité.

Bon apprentissage à vous,

Matthieu -Rukmal- P

Lire la suite de l’article : « Quelques larmes versées mais pas de quoi s’arrêter… ».

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