Copier des lignes : « Est-ce vraiment utile ? »


La très grande majorité des langues asiatiques reposant sur un système d’écriture usant davantage de signes / symboles que de lettres, il semble évident que l’acquisition de ces termes pourra paraître des plus ardue.  L’absence de logique ou d’organisation classique, tout du moins de prime abord, pourra donc nous emmener à nous interroger quant à l’utilité de la copie, plus ou moins à la chaîne, de tous ces fameux caractères. Mais, finalement, le fait de copier des lignes est-il vraiment efficace ?

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Evidemment, on ne va pas se le cacher, rien que le simple fait de s’imaginer copier des lignes de termes n’a rien de très enthousiasmant. Copier mécaniquement un ensemble de termes, voir même certaines phrases, semble bien se définir comme étant la technique la moins sexy de l’histoire des techniques d’apprentissage. En étant honnête, il semble donc évident que nous serions tentés de relayer ce procédé bien en-dessous de la pile de nos différents outils d’apprentissage. Pourtant, et en y regardant de plus près, on pourra constater au minimum trois cas de figure dans lesquels cette façon de s’y prendre pourrait bien s’avérer particulièrement utile…

« Copier des lignes pour faciliter l’apprentissage et la consolidation de l’alphabet (ou assimilé) »

faciliter les premiers caractères…

Voilà bien le premier point essentiel autour de cette technique de copie des caractères. Evidemment, sans une certaine maîtrise de l’alphabet (même si progressive surtout pour ce qu’il en va de la diacritique de la langue visée) il ne sera pas véritablement possible de commencer à avancer dans une langue ou dans une autre. La maîtrise de l’alphabet étant bien l’une des bases les plus importantes sur laquelle reposera, par la suite, l’ensemble des premiers éléments de la langue visée. Si la transcription en Latin aura le mérite de faciliter temporairement l’accessibilité d’une une langue qui ne l’utiliserait pas, c’est bien la connaissance de l’alphabet premier de la langue qui vous permettra de véritablement progresser; ne serait-ce que par le fait que cela vous permettra de vous confronter à des documents/ sources de plus en plus authentiques

Néanmoins, si beaucoup semble malheureusement faire un peu trop l’impasse sur la question de cet alphabet, c’est qu’assimiler un nouvel alphabet peut être perçu comme étant assez décourageant, frustrant, voir même paraître impossible à en croire certains. Evidemment, et sur ce dernier point, il n’en est tout simplement rien car apprendre un alphabet, même diamétralement opposé à celui que l’on connaît, n’est qu’une simple affaire de persévérance et de temps… de motivation en somme.

Ah le fameux temps ! Au bout du compte il me semble que c’est bien le facteur le plus important qui empêcherait certains de se confronter avec ce nouvel alphabet. Car oui, on aura tôt fait de s’imaginer que maîtriser un nouvel alphabet demanderait beaucoup trop de temps. Si ce phénomène demeure plutôt vrai lorsque l’on se penche sur les subtilités, notamment morphographiques, de la langue visée, il nécessitera d’être grandement relativisé pour peu, cette fois, que l’on se penche sur les caractères essentiels ou premiers de ce nouvel ensemble de signes. En effet, maîtriser les caractères basiques d’une nouvelle langue peut largement être réalisé entre une et deux semaines, pour peu que l’on s’y attarde avec suffisamment d’entrain et de confiance. Mais alors que faire durant ces deux semaines ? Eh bien, c’est là qu’intervient potentiellement la tout autant fameuse que terrible technique de la copie de lignes. Eh oui, se saisir d’un bon vieux cahier 21×29,7 en y inscrivant sur chaque page l’un de ses nouveaux caractères pourra vous permettre d’accélérer grandement l’acquisition de ces derniers. La fameuse mémoire du geste, fera ici un très bon travail en participant à l’acquisition solide de ces nouveaux éléments. De nouveaux termes, qui rappelons-le, ne vous seront plus si étrangers que cela passé ce petit laps de temps.

Toutefois, et concernant la question de l’alphabet, on aurait tort de le résumer seulement aux grands débutants car copier ces caractères, (puis des mots récurrents…) pourra aussi faire partie de l’ensemble de vos techniques afin de gagner en automatisme et en rapidité dans le tracé de ces derniers. En bref, et même si vous êtes un peu plus avancés, il n’est pas forcément idiot de revenir dessus une fois de temps en temps. Une piqûre de rappel qui ne sera jamais superflue afin, sans aucun doute, de toujours être en mesure de progresser dans vos compétences et notamment à l’écrit.

« Copier des lignes pour mieux assimiler un terme précis »

Quel est ce terme-ci ?

Le second cas de figure concernera en premier lieu les débutants. Il s’agit en effet de considérer que certains caractères ou termes seront, dans les premiers temps, assez compliqués à appréhender. Typiquement, certains 汉字 (Han zi) peuvent paraître assez difficiles à retenir et d’autant plus lorsque les principes d’écritures, de composition des caractères, ne sont pas encore très solides (et au début cela est amplement normal). Mais ce constat n’est pas en reste pour d’autres langues car certaines combinaisons de caractères, certaines ligatures et autres phénomènes liés à la diacritique, pourront être assez difficilement reconnaissables y compris pour des termes dont le sens pourrait être, lui, finalement assez simple.

Aussi, il me semble que dans le premiers temps, copier des caractères un peu plus élaborés, notamment sur le plan morphographique donc, pourra également contribuer à une meilleure acquisition de ces derniers. En outre, il est toujours bon de rappeler que les termes initiaux que nous rencontrons dans les débuts d’apprentissage seront, pour ainsi dire, extrêmement récurrents, et que leur acquisition solide restera incontestablement un des premiers objectifs particulièrement importants…

Bien sûr, il va sans dire que ceci s’appliquera tout autant à celles et ceux qui ne débuteraient pas forcément dans une langue ou une autre. Après tout, copier certains caractères à la chaîne demeurera toujours une possibilité parmi les différentes techniques de son éventail. Dans l’hypothèse où vous auriez du mal, et de manière récurrente, à retenir tel ou tel terme, il pourrait être intéressant de vous saisir de la copie comme d’un moyen précis pour venir pallier à cette petite difficulté.

Toutefois, il est certain que plus vous serez avancés dans une langue plus vous disposerez de bon nombre d’autres moyens d’y parvenir, sans devoir user de ce principe de copie. A titre d’exemple, nous pourrions évidemment parler de meilleures connaissances grammaticales qui vous permettront d’aller interroger la manière dont se construit, en nature et en fonction, le terme problématique; ceci en ayant recours donc à une analyse des différents éléments via lesquels il se composerait : racine, préfixe, suffixe, terminaisons… Mais, n’oublions pas également la présence potentielle d’autres connaissances « autour de la langue » qui vous permettront aussi de mieux cerner les origines de ce même terme de par ses potentielles évolutions. En somme, cette technique deviendra donc de plus en plus obsolète même si vous aurez toujours la possibilité d’en user si vous estimez que cela pourrait contribuer à vous aider.

« Copier pour mieux cerner les subtilités entre deux termes »

quelques petites nuances…

Le troisième point qui me semble important de préciser concerne les potentielles confusions entre plusieurs caractères. Que ces derniers soit effectivement très ressemblants ou que la confusion vienne de vous-même (allez savoir pourquoi dès fois) copier des lignes pourra également s’avérer utile dans ces cas précis. D’ailleurs, il convient aussi de préciser que, peut-être davantage encore que le points précédents, ceci s’adressera à tous et quel que soit votre niveau de langue.

Eh oui, malheureusement, il semble que toutes les langues comprennent bien leurs lots de termes extrêmement proches; pour ne pas dire pratiquement identiques certaine fois. Si l’habituation participera grandement à la meilleur reconnaissance de certain de ces termes, elle ne pourra pas pour autant faire tout le travail à elle seule. Autant se le dire, et pour peu que vous soyez honnêtes envers vos capacités (tant sur les difficultés que sur les réussites d’ailleurs ) user de la technique de la copie pourra, une fois de plus, vous permettre de mieux saisir tous ces petites nuances morphographiques ; celles-là même qui pourraient potentiellement vous avoir échappé à l’œil nu.

Ainsi, prendre le temps d’isoler ces « couples de termes » problématiques pour vous et les inscrire sur deux pages vierges afin de les copier plusieurs fois restera toujours une bonne technique pour pallier à ce genre de difficultés bien précises. Néanmoins, et comme souligné dans le point précédent, il est évident que plus vous avancerez dans la langue visée plus vous disposerez d’un ensemble de stratégies variées.

 » Copier, certes, mais de manière limitée ! »

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En y regardant de plus près, on peut donc facilement constater que ce qui rend cette technique potentiellement utile et tenable (et donc efficace) relève simplement du caractère limité dans son utilisation. Deux limites principales semblent donc importantes à prendre en compte :

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  • Limiter la copie à un ensemble de termes vraiment défini :
    • Un ensemble défini à l’image d’un alphabet / syllabaire qui comprend donc un début et une fin bien identifiés.
    • Des termes isolés qui posent difficultés en termes d’acquisition.
    • Des termes d’apparences proches (de fait ou parce que vous savez que vous les confondez).
    • Des termes très récurrents que vous jugez essentiel de consolider (pronoms, connecteurs, modaux…)
    • Améliorer la fluidité et la rapidité de votre production écrite (si la production écrite vous intéresse).
  • Limiter la copie dans le temps et dans le nombre :
    • Quant à l’acquisition d’un ensemble (une ou deux semaines pour l’alphabet par exemple).
    • Poser un nombre de fois clairement établi sous peine de prendre le risque de ne faire plus que cela (vous pourrez toujours recommencer par la suite si les difficultés persistaient).

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Et vous alors ? Avez-vous déjà pu utiliser cette technique de la copie ? Cela vous a-t-il aidé ? Dîtes-nous en plus via les commentaires de cet article.

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A lire aussi : « Rédiger ou écrire… il faut choisir ? »

Bon apprentissage à vous,

Matthieu -Rukmal- P

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