Parler dans une langue : « Quand faut-il s’y mettre ? »



On ne va pas s’en cacher, la production orale est souvent une étape plus que redoutée par les différents apprenants en langue. Entre la pression, les questions de personnalité, les enjeux que cela peut susciter, les raisons de ces blocages sont particulièrement diverses. Beaucoup d’apprenants se posent la question de « quand se mettre à la pratique de l’oral ? ». On en parle !


« Parler une langue, une aptitude si indispensable que cela ? »

Je parle, tu parles, il parle, nous parlons, vous parlez, ils parlent ?!


Aussi surprenant que cela puisse être, sur Langues d’Ailleurs nous allons nous permettre de simplement commencer par poser la question. En effet et par expérience, nous sommes parfaitement conscients de l’extrême diversité des projets liés à l’apprentissage d’une ou de plusieurs langues étrangères. S’il est vrai que la grande majorité des apprenants apprennent précisément une langue à des fins de la parler, d’autres en revanche, de par leurs projets plus spécifiques, ne seront finalement pas si concernés que cela. Sans surprise, la première chose à soulever sera donc, au bout du compte, toujours la même : que voulez-vous faire avec cette ou ces langue(s) ?

Néanmoins, et ceci ayant été dit, autant le formuler le plus clairement possible : si vous souhaitez parler dans une langue étrangère il va bien falloir un jour s’y mettre concrètement. Être autodidacte c’est aussi devoir jongler avec beaucoup de contraintes et de questionnements et notamment pour ce qu’il en va de l’organisation de son apprentissage. C’est pour cela que, à la question de « quand se mettre à parler dans telle ou telle langue ?», la véritable réponse consistera à vous renvoyer la question. Non pas par facilité mais bien parce que les raisons bloquantes pour ce qu’il en va de la production orale sont très diverses et qu’il convient donc de les appréhender un peu plus spécifiquement. L’idée étant bien que vous puissiez mieux identifier ce qui peut vous bloquer afin de pouvoir optimiser votre progression générale ; y compris pour ce qu’il en va de cette étape très importante pour vous donc.

« Je me mettrai à parler dans, 3mois, 6 mois, un 1an… »

Être capable de se poser une échéance reste un atout non négligeable pour votre apprentissage


Si vous éprouvez des difficultés en abordant cette question de l’oral peut-être vous reconnaîtrez-vous dans ce titre. Eh oui, il est vrai que l’enjeu lié à la production orale, pour beaucoup d’apprenants, engendrera bien souvent le fait de repousser l’échéance et ceci jusqu’à ce que celle-ci atteigne une date plus ou moins définie dans le temps d’ailleurs. Paradoxalement, nous souhaitions d’abord vous dire qu’à la base cela restera plutôt un atout pour votre apprentissage global car se poser ses propres échéances (en les respectant par la suite bien sûr) vous permettra de mieux organiser votre apprentissage, dans la durée comme dans le quotidien ; ceci en vous fournissant plusieurs repères absolument non négligeables.


Vous l’aurez sûrement compris, mais la véritable question qui importe ne concernera pas véritablement l’échéance que vous aurez choisie mais davantage ce que vous allez choisir d’entreprendre en attendant. Effectivement, et même si cela peut paraître infime au premier abord, il est vrai que, souvent, prendre le temps de s’exercer sur quelques « petits » aspects peut aboutir finalement à de grands résultats.

« Parler dans cette langue cela m’intimide beaucoup »


Comme l’on vous comprend ! Ne serait-ce que par le souci de ne pas vouloir trop massacrer la langue visée, il est souvent très intimidant de devoir s’exprimer dans une langue que l’on ne maitrise pas (encore) ; et à fortiori lorsqu’en face, votre interlocuteur sera, lui, natif de cette même langue. Même s’il sera toujours bon de rappeler qu’il s’agirait de ne pas mettre son interlocuteur sur un piédestal (natif ou non), nous savons que ceci est toujours plu facile à dire qu’à faire. Ne paniquez surtout pas sur ce point car, malheureusement peut-être, nous y sommes tous confrontés et certainement plus d’une fois d’ailleurs.
Si des exercices de type enregistrements et auto-corrections peuvent s’avérer particulièrement utiles pour s’améliorer progressivement en production orale on ne pourra s’empêcher de mettre l’accent sur la pratique potentielle avec d’autres apprenants de la langue visée. Y avez-vous pensé ?! Changer ses filtres de recherches sur ses différentes plateformes d’échanges linguistiques, comme Conversation Exchange par exemple, afin de contacter également d’autres apprenants ? Bien que l’amélioration sur le plan technico-technique ne soit pas forcément optimale (comparativement à un natif notamment), il est vrai que cela pourra vous permettre de pratique à l’oral avec une pression beaucoup moins forte dans les premiers temps. Pratiquer avec d’autres apprenants c’est déjà pratiquer la langue tout en contribuant à dédramatiser progressivement ce cap de l’oral.

« Techniquement c’est compliqué, je bafouille, je ne peux que parler très lentement… »


Encore une fois, des exercices ciblés sont déjà un bon premier moyen de s’améliorer progressivement. À l’image de certains sons que vous savez plus difficiles pour vous à réaliser il n’est absolument pas idiot d’aller chercher quelques exercices spécifiques afin de mieux maîtriser ce(s) son(s) particulièrement compliqué(s) pour vous à l’heure actuelle tout du moins. Précisions également que, au même titre que l’écrit d’ailleurs, vous pouvez également vous enregistrer et transmettre par la suite l’enregistrement en question à un natif qui, lui, pourra vous dire plus clairement ce qui lui parait le plus impactant pour votre niveau actuel.
Outre les exercices bruts d’élocutions, avez-vous pensez par exemple aux chansons ?! Un excellent moyen d’améliorer autant votre prononciation en tant que telle que la fluidité et l’aisance de ce que vous souhaitez formuler. Effectivement ; il va sans dire que le côté rythmique des paroles d’une chanson peut constituer un excellent moyen d’obtenir certains repères sur lesquels vous pourrez vous fier afin d’améliorer notamment la rapidité de votre élocution.

« Franchement je ne sais même pas/plus quoi dire… »


Il est vrai que disposer de certains outils linguistiques n’est pas toujours suffisant et que certaines fois, c’est la matière elle-même qui peut être amenée à manquer jusqu’à même finir par bloquer l’échange par manque de choses à dire. Eh oui, nous savons bien que tout n’est pas seulement résumable à des questions de suffixes et autres désinences de cas. Si ce que vous souhaitez formuler nécessitera, quoi qu’on en dise, la maîtrise de certains aspects techniques dans telle ou telle langue, on ne répétera jamais assez que faire une phrase nécessite autant des outils que de la matière en soi. La motivation et la démotivation liée aux diverses difficultés en production orale dépend aussi, voir grandement, des sujets sur lesquels vous allez être amenés à échanger avec votre/vos interlocuteur(s).
Par expérience, nous avons constaté que l’exercice de production orale était souvent facilité par la présence de sujets qui intéressaient grandement les apprenants. Loin d’être anecdotique, il s’agit là de bien garder en tête qu’un sujet qui vous intéressera fondamentalement vous permettra d’être plus investi dans l’échange jusqu’à même vous risquer à formuler des choses plus complexes; et ceci, malgré les erreurs qui iront avec. Aussi, avez-vous pensez à faire le point sur votre niveau de langues en lien, précisément, avec vos différents centres d’intérêts ?! Cela peut paraître très simple mais sur le plan du lexique par exemple ? Avez-vous suffisamment de termes pour pouvoir communiquer sur ces différents sujets ?! Si cela n’est pas le cas, il se peut que cela puisse constituer un bon objectif avant d’arriver à l’échéance que vous vous êtes vous-même posée non ?!   

« Et puis, il y a comme un léger soupçon d’envie aussi… »

Je veux, tu veux, il veut, nous voulons, vous voulez, ils veulent


Enfin, et nous ne nous en cacherons pas, différer un peu la production orale, c’est aussi s’offrir la possibilité de s’améliorer sur d’autres aspects de la langue visée. Sur ce point pas de doute et, n’en déplaise aux globalistes, il est à peu près évident que cela engendrera aussi dans le même temps, plus ou moins progressivement d’ailleurs, une forme d’envie réelle de pratiquer telle ou telle langue.
Loin de nous l’idée de vouloir en faire des tonnes à ce sujet, mais, par expérience, nous savons très bien que l’envie de pratiquer restera centrale pour cette question de l’oral. Centrale parce qu’elle est en elle-même une source évidente de motivation (cela paraît évident) mais aussi par ce qu’elle constituera un excellent moyen de continuer à pratiquer cette langue sur le long terme ; ne serait-ce que parce qu’elle vous permettra de relativiser beaucoup des difficultés à venir.

Très loin de constituer des consignes, nous tenions à ce que vous puissiez vous poser ces questions afin que vous puissiez être en mesure de travailler sur plusieurs aspects en fonction de vos difficultés. Tout ceci afin que vous puissiez vous améliorer réellement sur plusieurs points dans la langue qui vous intéresse et que vous puissiez vous appuyer dessus afin de faciliter au mieux ce délicat passage que constitue pour beaucoup les débuts en production orale.

En bref, différer la production orale dans l’apprentissage d’une langue n’est pas fondamentalement une mauvaise chose en soi. L’important sera surtout à situer du côté de ce que vous planifiez de faire entre maintenant et l’échéance que vous avez estimée juste pour vous.

Et vous alors ? La production orale est-elle difficile et quelles astuces avez-vous pu mettre en place ? Dîtes-nous tout dans les commentaires de cet article.


Si cet article vous a intéressé, merci de suivre, aimer et partager afin que d’autres puissent en bénéficier

Un article pour faciliter ce passage de la production orale #Langues #Autodidacte #Parler

Bon apprentissage à vous,

Matthieu – Rukmal – P

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