Les séries TV : « La pire ou la meilleure des ressources d’apprentissage ? »


Dire que les séries TV ont le vent en poupe relève bien entendu d’un doux euphémisme. Là où certains les considéreront bien volontiers comme relevant de l’immanquable, d’autres seront à l’inverse plus sceptiques sur l’utilisation d’une ressource qui semble s’écarter au plus haut point d’une démarche progressive et pédagogique. Alors, les séries TV une bonne ou une mauvaise ressource en langues ? On en parle…


« Le contenu audio-visuel, une véritable nouveauté ? »

Une nouveauté, dans le fond, pas véritablement si nouvelle que cela


L’utilisation du contenu audiovisuel dans l’apprentissage d’une ou de plusieurs langues ne date vraiment pas d’hier. Il est à peu près certain, au moins par effet de génération, que vous ayez déjà eu, et à de multiples reprises, l’occasion de vous confronter à ce type de contenus ; et à commencer par ce qu’il en va au sein de nos bons vieux cours dits « académiques ». Entre les podcasts d’une part, les reportages de l’autre, les films (diffusés en entier ou par extraits) ou même les différentes musiques potentiellement utilisées par certains professeurs dans leurs différentes leçons, autant se le dire : l’utilisation de pareils outils n’est en rien synonyme de nouveauté. Un constat relativement évident et plutôt vrai en somme quoique les choses ne seront, au bout du compte, peut-être pas aussi simples que cela. En effet, bien que l’introduction de ce type de supports au sein d’un processus d’apprentissage ne soit pas nouvelle en soi, on ne peut que constater la présence de plusieurs spécificités, plus ou moins évidentes, qui pousseront certains à considérer les séries comme un véritable nouveau médium : dans le fond, la forme et le format. Mais commençons d’abord par rappeler le plus évident…

Effectivement, on pourra déjà observer une différence fondamentale en lien avec le contexte d’apprentissage en lui-même. Si l’utilisation du contenu audiovisuel reste classique, il s’agira néanmoins de considérer que ce dernier, dans l’apprentissage du même nom, fera bien souvent parti d’un ensemble un peu plus large dans la mesure où il engendrera bien souvent une forme de restitution du dit contenu. Que cela se fasse de manière collective ou individuelle, à l’oral ou à l’écrit, avec ou sans notation, il est à peu près certain que l’exposition à ce même contenu ne s’arrêtera pas au seul fait de la compréhension. La production ne sera pas souvent laissée en standby puisqu’après tout le contenu proposé aura bien souvent été (pré)sélectionné par un professeur ou une équipe pédagogique et donc s’appréhendera davantage comme un matériel intégré à un dispositif d’apprentissage plus global.
Dans le même ordre d’idée, on notera également que qui dit « préséléction » dit aussi « adaptation de ce support » vis-à-vis des niveaux des différents apprenants. De la durée du contenu jusqu’au registre de ce dernier, le matériel audio-visuel utilisé sera bien souvent choisi en fonction d’un vaste ensemble de critères en lien avec les aptitudes langagières actuelles des différents apprenants :

  • Thématique(s) abordée(s)
  • Longueur des phrases
  • Lexique utilisé
  • Rapidité d’élocution des différents dialogues
  • Monologue ou dialogue entre deux ou plusieurs personnages
  • Avec ou sans sous-titres

En bref, il est clair que l’utilisation des contenus audiovisuels dans l’apprentissage en général n’a vraiment rien d’un phénomène récent. Ce type de contenus a toujours été plus ou moins intégré à différents parcours d’apprentissage et notamment en langues. Mais alors qu’est-ce qui serait susceptible de véritablement changer avec ces fameuses séries TV ?!

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« Les séries TV ou l’un des meilleurs alliés de l’autodidacte »

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Les ressources authentiques les plus variées, dans le fond, la forme & le format


Si les séries TV ont désormais acquis leurs lettres de noblesses pour ce qu’il en va de l’apprentissage des langues c’est avant tout car elles sont emblématiques de ce que l’on appelle d’ordinaire : les ressources authentiques. Entendons par là que ces ressources seront en tout premier lieu créées par et pour des natifs de la langue visée engendrant donc, et de fait, aucunes modifications réelles, aucunes altérations vis-à-vis de la langue utilisée ; comparativement à une ressource pédagogique bien sûr. Au programme d’une série on notera donc une vitesse d’élocution normale, un lexique au plus proche de la langue d’usage (dépendant du registre de la série cependant), pléthore de structures idiomatiques et de termes d’interactions, argot et autre slang, discours mettant en avant certains aspects émotionnels… Autant se le dire, on a rarement fait plus proche de la langue que l’on sera susceptible, par la suite, d’utiliser concrètement dans la vie réelle.

De la même manière, il va sans dire que l’extrême variété des séries (registres, intrigues, durée d’un épisode, avec ou sans sous-titre…) joue bien en faveur de ce type de ressources. Effectivement, si déjà dans le fond il semble peu probable que vous ne trouviez pas une série qui vous intéresse vraiment, on devra bien noter que la diversité ira aussi jusque dans la disponibilité de ce type de ressources ainsi que sur les diverses modalités de visionnages.
L’accessibilité de cette ressource est incontestablement inégalable et ce, autant par le nombre de possibilités concrètes d’avoir accès à tel ou tel contenu, que par le fait que toutes les bourses pourront, finalement, y trouver leur compte. En outre, et qui dit accessibilité dit aussi grande disponibilité puisque rien ne vous empêche de mettre un épisode en pause, d’en regarder qu’un extrait, de faire varier au cours du même épisode les modalités de visionnage, de revenir quelques instants en arrière… En somme il s’agira d’une ressource qui, par essence, restera particulièrement flexible à l’utilisation.

Enfin, il nous parait important d’insister sur le fait que beaucoup de contenus seront également disponibles dans plusieurs langues. Si cela parait une évidence que de le dire, on notera toutefois que, dans une optique d’apprentissage, il s’agira donc d’une ressource autorisant aussi les comparaisons (traduction et version notamment) ; ceci permettant également de pouvoir se familiariser progressivement, ne serait-ce que dans les grandes lignes, avec les différentes manières d’exprimer tel ou tel propos. Mais si le fait de pouvoir comparer est aussi particulièrement enrichissant c’est bien qu’il vous offrira également une matière non négligeable afin de pouvoir pratiquer la langue visée avec vos différents partenaires d’échanges ; et notamment des natifs en l’occurrence.    

En bref, il n’est rien d’étonnant à ce que beaucoup considèrent les séries TV comme une des ressources immanquables dans un apprentissage en autodidacte. Autant de par leur diversité que par leur flexibilité d’utilisation, il est clair que ce type de ressources s’inscrit parfaitement bien dans l’optique d’un apprentissage tenant compte de vos centres d’intérêts, de votre projet ainsi que des emplois du temps plus ou moins spécifiques à chacun.

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« Les séries TV, ressources de type : DANGER ! »

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Suivre une série, certes, mais s’améliorer c’est encore mieux !


Eh oui, comme vous l’aurez deviné avec une telle ressource viendra bien souvent son lot de difficultés spécifiques liées à son utilisation. Une ressource extrêmement large qui, certaines fois et malheureusement, pourrait finir par devenir une ressource trop large. En effet, gageons que le fait de regarder une série en VO ne sera ni à appréhender comme un exercice pédagogico-pédagogique en tant que tel, ni à simplement visionner en mode « popcorn & Co ».

Commençons par le point pédagogique donc. À y regarder de plus près et pour filer la métaphore scolaire justement, on pourrait aisément dire qu’un série TV constituera, ni plus ni moins, qu’un véritable et gigantesque brassage de l’entièreté de vos leçons Assimil par exemple. Un brassage que l’on qualifiera de total, par fragment et dans le désordre évidemment. Dès lors, on oubliera de suite enchaînement de 20 phrases au passé simple puis à l’imparfait puis au conditionnel pour finir au futur antérieur (…) ; tout comme on oubliera, de suite et à titre d’exemple, l’arrivée du lexique organisé sur fond de champs sémantiques (pré)définis : les vêtements, les couleurs, les animaux puis les légumes…
Autant se le dire, le fait d’appréhender le visionnage d’une série TV en tant qu’il s’agirait d’un simple exercice parmi d’autres, risquera davantage et au minimum de vous démotiver au plus haut point. Malheureusement, nous dirons que le triangle de la performance (efficacité, efficience, pertinence), quoique utile par bien des aspects, ne fait pas tout pour autant. Evidemment, trop arborer cet état d’esprit lors du visionnage d’une série c’est comme qui dirait un peu, beaucoup, passionnément échouer d’avance.

De l’autre côté, il est clair que visionner une série TV sans y mettre l’effort de compréhension adéquat ne sera pas non plus à recommander. En effet, le risque majeur sera alors de se voir rester dans une optique de divertissement seulement ; ceci en appréciant l’image, certes, mais pas vraiment ce qui peut y être exprimer. Votre niveau de langue ne sera donc pas véritablement amélioré en tant que tel et ce que l’on mentionne le fait du lexique, de la syntaxe, de la grammaire ou bien, plus globalement, de vos capacités d’expression (idiomatiques…). Il n’est pas superflu de rappeler que regarder une série, pour peu que vous souhaitiez vous améliorer en langues, nécessitera aussi de fournir un certain nombre d’efforts pour pouvoir en retirer quelque chose. De ce point de vue-là donc, utiliser une série ne sera pas fondamentalement différent de l’utilisation d’une autre sorte de ressource.  

En bref, nous pourrions dire que le fait de visionner une série TV sera davantage à appréhender comme un moment d’utilisation de la langue que comme un « exercice » en tant que tel avec un ensemble de critères qui iraient avec. Sur Langues d’Ailleurs, nous ne pouvons que vous recommander d’utiliser ces supports de la manière la plus juste qu’il soit ; ceci afin qu’ils puissent vous servir réellement dans votre amélioration linguistique. D’accord, mais c’est-à-dire ?

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« Séries TV : Un niveau de langue mais pas uniquement… »

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S’interroger sur ce que vous regardez pour mieux apprécier les réussites et les difficultés


Vous l’aurez sûrement deviné mais le fait de vous interroger un minimum sur ce que vous regardez concrètement permettra également de mieux auto-apprécier les différents résultats. Dès lors, qu’il s’agisse de difficultés rencontrées ou bien de vos réussites en compréhension notamment, il nous semble primordial de bien garder en tête que les ressources authentiques ne seront jamais totalement des ressources comme les autres ; des ressources qui seront toujours un peu à part dans votre dispositif d’apprentissage en somme.

Il est clair que les séries TV constitueront d’excellentes ressources pour apprendre une langue mais que, dans le même temps, elles ne seront clairement pas conçues pour le faire. À ce titre, et si nous avons pris le temps de soulever quelques éléments pédagogiques au début de cet article, c’est bien pour tenter de mettre en avant certaines réalités trop souvent négligées/minimisées. Aussi, et pour aller plus loin, prenons ensemble quelques exemples un peu plus précis ; des exemples tirés autant de vos différentes remarques que de nos expériences :


« Je ne comprends pas Sherlock en anglais dans la série du même nom !!!! »


Effectivement, quel sacré chenapan ce Sherly non ?! Quelle frustration que de ne pas comprendre le personnage principal de cette série. Si la frustration sera hautement compréhensible, il s’agirait pourtant que plutôt s’interroger sur le reste. En effet, un personnage comme Sherlock sera caractérisé par, entre autres choses, une rapidité d’élocution supérieure à la moyenne (afin de refléter la rapidité de son raisonnement) tout comme par l’utilisation d’un certain lexique, plus savant peut-être. Un principe applicable à beaucoup d’autres personnages à l’image d‘un certain Cal Lightman dans Lie To Me par exemple.

Autant vous dire que, dans beaucoup de situation d’apprenant en anglais, ne pas parvenir à comprendre beaucoup ce personnage n’aura rien de vraiment surprenant. Aussi, la véritable question que vous devriez vous poser sera plutôt : qu’en-est-il des autres personnages de la série ? Eux, arrivez-vous à les comprendre ? Et au passage, pas de panique car voilà un bel objectif à se poser que de parvenir, au bout du compte, à comprendre les tirades de ce personnage n’est-ce pas ?


« Je ne comprends pas vraiment les sketchs dans F.r.i.e.n.d.s en VO !!! »


Eh oui il est clair que comprendre certains sketchs n’est pas forcément aisé. Outre les variations dans l’humour en tant que tel, il est clair que pouvoir comprendre certains sketchs nécessite bien souvent un certain volume lexical. Outre les jeux de mots, lapsus et autres jeux à propos de synonymes donc, il est clair que comprendre certains gags nécessitera en général de disposer de suffisamment de slang/argot dans la langue que vous apprenez.
D’ailleurs, pas de panique car on notera que beaucoup de ressources peuvent vous permettre de vous confronter à ce fameux slang ; surtout pour ce qu’il en va de l’anglais comme chez Assimil.


« Je n’arrive pas à comprendre des séries dîtes faciles comme Pokémon, One-Piece, Power Rangers (…) alors que d’autres séries oui ?! »


Effectivement, et n’en déplaise à celles et ceux ayant la critique facile, on ne pourra s’empêcher de préciser que ces séries, réputées plus faciles de part leur public visé, n’en resteront pas moins très difficiles à comprendre pour des débutants en langues notamment. Non pas nécessairement à cause des dialogues en eux-mêmes mais plutôt car elles mettront en scène des groupes de personnages un peu caricaturaux certaines fois.
Entre les voix gonflées à l’hélium, les propos énervés ou tristes (également et potentiellement très caricaturaux), les explosions et effets en tout genre arrivant au même moment que les dialogues en question, il est clair que beaucoup de choses dans ce type de contenus vient littéralement altérer, parasiter les différents sons d’une langue ou d’une autre. Ces mêmes sons qui ne sont peut-être pas encore suffisamment familier pour vous qui plus est.

Aussi, et pas de panique, car outre un travail plus ciblé sur la phonologie de la langue, l’habituation aura ici raison de beaucoup de ces difficultés liées davantage à la forme et au format du contenu en question.


« Je ne comprends pas les dialogues des personnages mais le reste oui !!! »


Voilà un autre type de difficultés que l’on peut retrouver dans le visionnage de séries. Effectivement certaines séries, souvent liées à d’autres registres (médiéval fantastique, futuriste, postapocalyptique…), mettront aussi l’accent sur une narration sur fond de voix off tout autant que sur un lexique beaucoup moins usuel finalement…
Le fait est que, qui dit voix-off dit souvent des phrases plus lentes, mieux structurées (limite plus littéraires) pour un phrasé dont le rendu sera globalement beaucoup moins mâché. Aussi, pas de panique car outre le lexique spécifique à (re)considérer, il est clair que travailler par exemple votre conversation, vous permettra, de manière générale, de mieux saisir ces dialogues certainement moins structurés.

Nous nous arrêterons là pour ces quelques exemples mais nous espérons que ceux-ci vous permettront de ne pas oublier ce simple constat : une série TV ce n’est pas qu’un niveau de langue. Une série TV reste une œuvre à part entière comprenant sa part d’intentionnalité retrouvable jusque dans les choix de création. Autrement dit, gageons que les séries TV seront bien l’une des meilleures ressources envisageables dans votre amélioration en langues (car touchant tous les aspects de celles-ci) bien que leurs extrêmes diversités en feront, très certainement, l’une des ressources les plus difficiles à utiliser efficacement. À ce titre, elles seront donc sûrement à considérer comme étant les pires et les meilleures ressources à la fois.


En bref, nous espérons avoir pu vous alerter sur ce constat qui nous semble trop souvent minimisé dans l’apprentissage des langues. Ceci afin que vous puissiez surtout ne pas dramatiser vis-à-vis de certaines difficultés que vous pourriez actuellement rencontrer dans vos différents visionnages.

Pensez bien également à vous appuyer sur une ressource conçue pour l’apprentissage mais, pour le reste, ne vous découragez pas, ne lâchez rien & bons visionnages à vous !    

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Et vous alors regardez-vous des séries pour vous améliorer en langues ?! Dîtes-nous tout dans les commentaires de cet article.


Si cet article vous a intéressé, merci de nous suivre, aimer et partager afin que d’autres puissent en bénéficier.

Un bon article sur l’utilisation des séries dans l’apprentissage des langues #Langues #Autodidacte #TVShows

Bon apprentissage à vous,

Matthieu – Rukmal – P

6 commentaires

  1. Soyons honnête, on n’apprend pas, pour un débutant, une langue en regardant des séries TV… Pour un niveau avancé, cela apporte toutefois un travail de l’oreille performant pour la vitesse d’écoute et le travail de compréhension, mais surtout une immersion culturelle (malgré les stéréotypes habituels d’une série) qui prépare au voyage. Et puis si vous accrochez à une série, vous explosez le compteur motivation, carburant essentiel à un apprentissage de langues.
    Mangeant à longueur d’année des séries étrangères, les progrès ne sont conséquents qu’ à condition de disposer des bons outils de transcription et de traduction!! Sinon, je parlerais coréen comme un natif en raison des « dramas » visionnés avec sous-titres 🙂 Certaines applications proposent de nombreuses fonctions (ralenti, flashcard…) et permettent un travail effectif (en particulier pour la traduction d’idiomatismes). Elles ne sont toutefois qu’un complément à un travail plus classique mais plus fondateur.

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour Xequeo et merci pour votre commentaire très constructif !
      Effectivement tout est une question d’équilibre et regarder des séries pas plus que l’utilisation seule d’une autre ressource ne fera de miracles en soi !
      Soyons honnête dans l’autre sens car regarder des séries, lorsque cela est bien fait et dosé, permet finalement assez tôt de s’approcher d’une langue mille fois plus authentique que la moindre méthode ! Le but étant autant une affaire de motivation (essentiel pour tout autodidacte) que d’éviter de se laisser piéger par le pédagocio-pédagogique car, honnêtement, entre un oral avec 30 minutes de préparations et la discussion spontanée avec du bruit ambiant et, bien entendu sans aucune préparation au préalable, autant dans la forme que dans le fond cela n’a rien à voir !
      Autrement dit les séries resteront clairement une ressource particulièrement riche mais très difficile à utiliser ; d’où la rédaction de cet article d’ailleurs 🙂
      Merci pour avoir pris le temps de commenter et d’apporter vos remarques complémentaires à cet article, cela en aidera plus d’un !
      | Langues d’Ailleurs|

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