TUTORAT : « Renvoyer vers d’autres ressources, une compétence clef…»


La conversation ayant désormais le vent en poupe, il me semblait important que de partager avec vous mon avis sur certains aspects du tutorat. Être tuteur, professionnel ou non, c’est aussi savoir être force de proposition en sachant réorienter vers des ressources les plus adaptées possibles. On en parle !


« Personne ne sait tout et c’est bien de le savoir »

.

Même sa langue maternelle n’est pas sue et maîtrisée à cent pour cent


Dire que « personne ne sait tout » à évidemment dans la forme quelque chose de très galvaudée. Néanmoins, il est clair que dans le fond cela s’avère on ne peut plus vrai. En langue, on observe souvent que beaucoup de natifs ne connaissent finalement pas grand-chose à leur propre langue, pourtant utilisée au quotidien évidemment, et, bien que contre-intuitif au possible, il me semble plus qu’important de bien cela garder en tête. À dire vrai, nous n’échappons pas non plus à cette règle et quiconque prétendrait le contraire serait finalement à l’opposé de toute forme d’honnêteté.

Toutefois, il est clair que la pratique d’une langue, y compris de sa propre langue maternelle donc, fonction de certains contextes engendrera son lot d’améliorations plus ou moins prononcées, plus ou moins notables. Cela vous est déjà sûrement arrivé mais une question posée par un apprenant ou un autre et, finalement, c’est le branlebas de combat afin d’aller chercher la réponse en toute urgence. Aussi, il n’est pas surprenant qu’à force de pratique en tutorat, que celui-ci se trouve être professionnel et/ou bénévole, vos propres compétences dans votre langue maternelle finissent elles aussi par s’accroître réellement.

Un constat qui sur le papier, vous en conviendrez sûrement, semble plutôt positif et, dans le fond, il ne fait aucun doute qu’il le soit ; sur le papier tout du moins. En effet, force est de constater que l’amélioration de nos connaissances dans notre/nos langue(s) maternelle(s) n’implique pas forcément le développement des compétences pédagogiques ; au sens de celles qui nous permettraient d’en faire quelque chose d’utile pour l’accompagnement de tel ou tel partenaire d’échange linguistique.

En bref, je pense sincèrement que chaque tuteur doit véritablement sans cesse s’interroger sur ce point tant, au bout du compte, savoir ceci n’engendre en rien de manière causale le fait de savoir l’expliquer. Quoiqu’en réalité ceci va beaucoup plus loin que le simple fait de « savoir expliquer »…

.

« Savoir expliquer, certes, mais pour quoi faire ?»

.

Expliquer grossièrement c’est prendre le risque de générer différentes ambiguïtés


Vous l’aurez compris, savoir quelque chose et savoir l’expliquer sont bien deux choses distinctes. Je ne doute pas que ceci vous soit déjà connu mais, en y regardant de plus près, savoir expliquer n’est pas toujours une très bonne option en tant que telle.

Effectivement, savoir expliquer tel ou tel aspect est souvent davantage à mettre en lien avec ses propres compétences personnelles et, finalement, peu voire trop peu, avec ce dont son interlocuteur aurait véritablement besoin. Loin de moi l’idée de dire que cela ne sert à rien du tout, mais je pense sincèrement que la priorité n’est vraiment pas à aller cherche de ce côté-là. Savoir expliquer l’utilisation du suffixe causatif au sein de telle ou telle langue est une bonne chose en soi mais ne doit pas être brandi comme gage de quoi que ce soit ; ceci dans la mesure où votre partenaire d’échange linguistique, lui, n’en a peut-être pas (encore) besoin.

Par ailleurs, en tant qu’autodidacte nous savons parfaitement bien que la seule manière dont on nous présente une information peut, à elle seule, suffire ou non à la faire passer. Les exemples ne manquent pas pour illustrer ce propos mais je retiendrai le plus évident à savoir l’utilisation de deux méthodes dîtes globales et les nombreuses ambiguïtés qui iront inévitablement avec. Eh oui, une même information, vis-à-vis d’un aspect plus ou moins global dans la langue, formulée différemment (chez Assimil comparativement à chez Larousse par exemple) risquera bien souvent de complexifier davantage la tâche qu’autre chose ; ceci en vous procurant un certain nombre de doutes plus ou moins impactant mais toujours ralentissant.
Il en va de même pour le sujet de cet article car, au bout du compte, même si l’on sait expliquer tel ou tel aspect il n’est pas dit que, fonction de la personne en face de vous, cela ne puisse pas, finalement, lui compliquer un peu plus la tâche. Un recul qui, il me semble, sera toujours important de préserver ; tout comme nous serions en droit de le vouloir nous-même en retour d’ailleurs !

En bref, savoir expliquer n’est pas systématiquement non plus le plus important pour telle ou telle conversation car ce qui le serra renverra toujours davantage aux demandes et aux besoins exprimés par ses partenaires d’échanges linguistiques ; entendons par-là : d’eux-mêmes directement.

.

« Améliorer ses références en ressources, ou mieux accompagner »

.

Des références diverses afin de renvoyer vers des contenus les plus adéquats possibles


Vous l’aurez sûrement deviné, mais l’axe majeur que je retiendrais personnellement renverra surtout au fait de se tenir toujours informé quant aux différentes ressources, aux différents supports existants ; et donc susceptibles d’être utilisés utilement par vos partenaires d’échanges linguistiques. Autant du point de vue de la ou des langues que vous apprenez/maîtrisez vous-même que de ceux ayant trait à votre langue maternelle donc. Effectivement, il me semble primordial d’être capable d’informer sur des ressources, au sens large du terme, qui seraient les plus susceptibles d’accompagner vos partenaires d’échanges en fonction précisément des différentes difficultés rencontrées ; et à commencer par celles dont ils feront mentions eux-mêmes.

D’ailleurs, si ce dernier point me parait on ne peut plus fondamental c’est bien qu’il participe clairement de la distinction entre tuteurs et professeurs. Effectivement, il me semble important de bien préciser qu’être tuteur c’est avant tout tenter de fournir des conseils adaptés et NON des consignes, plus ou moins génériques d’ailleurs. Après tout, ce que nous visons, il me semble, relève davantage de l’autonomisation des partenaires d’échanges beaucoup plus que de leur perfectionnement, au sens strict de ce terme tout du moins. À ce titre, garder une oreille ouverte sur les difficultés perçues directement par vos partenaires d’échanges pour tenter de fournir les meilleurs conseils possibles vis-à-vis de celles-ci me semble être l’un des axes le plus importants pour être un bon tuteur en langues.

Autant se le dire, on comprend dès lors que travailler aussi ses références en termes de supports (manuels, applications, chaînes Youtube, exercices en ligne, podcasts, films & séries plus ou moins accessibles, littérature, musiques…) offrira aussi son lot d’outils et de futures propositions adaptées afin de répondre plus spécifiquement à un problème auto-soulevé par tel ou tel partenaires d’échange linguistique.
Toutefois, et je vous l’accorde, il s’agira bien entendu d’une forme de travail supplémentaire à ce que vous pourriez déjà faire au niveau des langues que vous apprenez actuellement. Néanmoins, et en y regardant de plus près, ce travail de recensement aura de nombreuses vertus et notamment dans l’optique de développer des partenariats d’apprentissage linguistiques les plus qualitatifs possibles et, de ce fait, favorisant le plus une véritable progression ; ceci aussi bien pour vous que pour vos partenaires d’échanges en langues étrangères.   

En bref, être « tuteur » c’est avant tout tenter d’offrir les meilleurs conseils possibles en évitant toute formes de consignes trop prémâchées. Savoir renvoyer vers d’autres ressources est aussi important que ce que l’on peut nous-même réaliser. Renvoyer vers d’autres ressources restera, je pense, l’une des compétences les plus importantes en tutorat.  

Et vous alors ?! Vous arrive-t-il de renvoyer vers d’autres ressources vos différents partenaires d’échanges linguistiques ? Dîtes-nous tout dans les commentaires de cet article.


Si cet article vous a intéressé, merci de nous suivre, aimer et partager afin que d’autres puissent en bénéficier.

Être tuteur en langues étrangères c’est aussi savoir renvoyer vers d’autres supports #Langues #Tutorat #Conversation #Autodidacte

Bon apprentissage à vous,

Matthieu – Rukmal – P

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s