Motivation : « Progression & sentiment de progression »



La motivation et ses fluctuations resteront toujours des questions importantes ; et dans n’importe quel apprentissage d’ailleurs. Si la progression technique dans une langue permet bien souvent de conserver une forme de motivation, il n’est pas dit que cela se passe forcément comme tel. Alors progression et sentiment de progression, cela veut dire quoi ? On en parle !


« La progression technique : un empilement de connaissances »

.

La technique à elle seule ne fait pas tout !


Débuter l’apprentissage d’une langue c’est souvent faire de rapide progrès sur le plan technique. Entre l’ingestion rapide d’une tonne, plus ou moins complexes, de nouveau lexique ou la mise en mot des premières phrases, il va sans dire que, dans les débuts, les progrès seront toujours au rendez-vous. Si ce constat s’applique pratiquement à toutes les langues il n’en demeure pas moins particulièrement prononcé pour ce qu’il en va des langues dites « très éloignées ». En effet, et dans l’absolu, apprendre des termes comme « chaise » ou encore « fourchette » constituera réellement des progrès dans la langue visée sur le plan lexical notamment.

D’une certaine manière, il en va de même pour beaucoup d’aspects de la ou des langues visées. Entendons par là qu’il s’agisse tantôt de la grammaire, de la syntaxe, de la conjugaison et autres cas, il est clair qu’en partant de zéro, comprendre et/ou produire une phrase, même très simple, restera bien quelque chose que l’on parviendra concrètement à réaliser ; alors même que ceci était encore impossible à effectuer il y a encore quelques jours ou quelques semaines. En somme, il s’agit donc bien de véritables progrès, techniques, mais d’autant plus intéressants qu’ils demeurent observables et appréciables (tant par soi-même que par autrui) de manière particulièrement aisée.

À ce titre, il n’est donc pas surprenant que, malgré les lacunes et les imperfections autant évidentes que parfaitement normales, la motivation, elle aussi, puisse répondre présente. Les progrès et le fait de pouvoir, de soi-même, les apprécier permet bien souvent de créer ou de maintenir un certain élan dans l’apprentissage, une certaine dynamique dans le fait, précisément, de continuer à avancer. Toutefois, si ceci se vérifie particulièrement bien lors des débuts d’un apprentissage, on aurait tort de seulement mettre en avant le seul fait de la « rapidité » des progrès en question. Effectivement, il s’agit de bien comprendre que, pour peu que l’on ne lâche rien, les progrès techniques seront toujours présents au fur et à mesure de son apprentissage ; même si, j’en conviens, grandement ralentis certaines fois au niveau du ressenti tout du moins.
Eh oui, apprendre toujours de nouveaux termes, réussir finalement à utiliser tel ou tel temps, ne sont que des exemples de ce qui constituera bien de véritables progrès, non ?! Mais alors si les progrès sont finalement toujours bien là pourquoi la motivation, elle, d’un coup se ferait donc autant la malle ?

En bref, la motivation à apprendre et à continuer son apprentissage n’est pas autant liée aux progrès techniques que ce que l’on pourrait penser. L’empilement de connaissances, très loin d’être mauvais ou inutile, n’est toutefois pas suffisant pour envisager son apprentissage sur le temps long.

.

« Le sentiment de progression : la mise en concret de ses aptitudes actuelles »

.

Apprendre et s’améliorer dans une langue c’est aussi l’utiliser concrètement


Vous l’aurez compris, la réalité des progrès techniques dans une langue n’est pas suffisante pour ce qu’il en va d’un réel maintien de l’apprentissage dans le temps. Un constat d’autant plus vrai que ceux-ci seront même potentiellement de plus en plus difficiles à constater ; de par, évidement, la complexité grandissante de ce que vous allez être amenés à étudier puis parvenir à acquérir. Autant se le dire donc, trop accorder de crédit à l’amélioration technico-technique (en dehors d’un contexte d’apprentissage jalonné seulement par des épreuves standardisées) sera souvent peu favorable sur le plan de la motivation ; jusqu’à même finir par devenir presque contre-productif pour votre progression réelle et continue.

Aussi, il n’est pas surprenant que beaucoup, dont nous, insistent sur le fait de pratiquer la langue visée et le plus tôt dans son apprentissage. Toutefois, et pour ce qui nous concerne, c’est davantage pour des questions de motivation que ceci nous semble particulièrement judicieux. Bien entendu, pratiquer la langue très tôt aura ses nombreuses vertus sur le plan de l’amélioration et de la consolidation technique de la langue, mais il nous semble plus important de parler en premier lieu des questions de motivations liées au fait de constater soi-même de véritables progrès.

Sur ce point-là, qu’il s’agisse de séries TV, de romans, de conversations ou même de la calligraphie par exemple, le fait d’utiliser la langue que l’on apprend actuellement pour réaliser quelque chose (d’autre) permettra bien souvent de donner un petit coup de boost à son apprentissage en lui donnant un certain un sentiment de « vrai ». Utiliser concrètement la langue que l’on apprend c’est certes confronter son niveau actuel avec tous un tas de difficultés mais c’est aussi mettre son apprentissage (quoique toujours en cours) au service de quelque chose d’autre.
On ne va pas s’en cacher, si ceci est générateur de motivation ou d’un maintien de celle-ci c’est bien parce que, de ce fait, l’on devient beaucoup plus acteur de son propre apprentissage en le (re)connectant à quelque chose de plus vrai ; et donc de plus palpable, mesurable mais surtout de beaucoup plus impliquant d’une certaine manière.

En bref, on apprend des langues pour en faire quelque chose, et ceci n’est jamais à perdre de vue. Le but étant clairement de s’y confronter le plus vite possible malgré les difficultés et les imperfections. Au programme donc #chitchat avec des natifs c’est ça ?!

  .

« Utiliser concrètement la langue : la conversation mais pas uniquement »

.

  « Bla bla bli bli blou blou ble ble blu blu » propos recueillis sur Skype le xx/xx/xxxx


Certains d’entre vous l’auront sûrement vu venir mais la conversation avec des natifs restera bien souvent un exemple parfait vis-à-vis de cette « utilisation réelle«  de la langue. Autant par le fait qu’elle constituera un exercice global mêlant compréhension et production que par le fait de vous faire échanger, sur divers sujets, avec plusieurs autres personnes natives de la langue en question. Entre autres choses, on retrouvera alors les principes d’interactions si favorables à une progression technique mais aussi dynamique et souvent, plus adaptée ; ne serait-ce que par rapport aux sujets mentionnés. Si les outils pour rencontrer des natifs, à l’image de Conversation Exchange, ne manquent pas, il ne faut toutefois pas oublier que la conversation (la Conversation pour certains) n’est pourtant pas la seule et unique destination à atteindre dans telle ou telle langue.

À dire, vrai il s’agira surtout de commencer par essayer de mettre en lumière l’ensemble de ce que l’on souhaiterait pouvoir réaliser dans la langue considérée. Effectivement, et y regardant de plus près, il n’est pas dit que parmi toutes ces choses il n’y ait pas déjà beaucoup de choses que l’on puisse déjà entamer dès à présent ; même si modestement car imparfaitement bien entendu. L’idée est bien de mettre en avant que n’importe quelle chose qui serait susceptible d’engendrer un propos du type « ça avant je ne pouvais pas du tout le faire ! » sera bon à prendre pour sa progression ou plutôt pour ce qu’il en est de son sentiment de progression. Dès lors, et comme nous l’évoquions plus haut, gageons que les pinceaux, stylos, instruments de musiques, radio, TV et autres outils du genre auront finalement tout autant leur place et leur importance qu’un login sur Skype par exemple.

Aussi, et dans le cas d’une baisse de régime, peut-être vaut-il le coup de faire un petit état des lieux sur la réalité de votre apprentissage et de sa mise en concret ; notamment mise en perspective de votre projet d’apprentissage et de ses possibles évolutions. Effectivement, si les manuels et autres applications pédagogiques auront leurs immanquables vertus, il va sans dire que ceux-ci seront forcément limités du point de vue de l’enthousiasme et de la motivation qu’ils procureront ; et a fortiori, passé les immanquables rushs et élans des débuts. Si vous vous trouvez dans cette situation, cela reste amplement normal et il ne sera jamais superflu que de prendre le temps de le rappeler. La démotivation en tant que telle fait incontestablement partie du jeu de l’apprentissage sur un temps long ; mais, quoi qu’il arrive, ne lâchez rien !

En bref, la démotivation peut aussi s’expliquer par une stagnation due à un repoussage quant à l’utilisation concrète de la langue visée. Malheureusement peut-être mais le fait de remplir des cases en essayant d’obtenir le plus de points possibles disposera également, et comme toute choses, de ses innombrables limites.

Et vous alors ?! Peu importe votre niveau actuel, à quoi vous sert actuellement la ou les langues que vous apprenez ?! Dîtes-nous tout dans les commentaires de cet article !


Si cet article vous a intéressé, merci de nous suivre, aimer et partager afin que d’autres puissent en bénéficier.

Utiliser concrètement la langue que l’on apprend ou l’une des clefs de la motivation sur le long terme #langues #apprentissage #motivation #autodidacte

Bon apprentissage à vous,

Matthieu – Rukmal – P

Un commentaire

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s