|Chinois| Assimil B2 : « trois points de vigilances sur ce support »



Suite à vos nombreuses demandes concernant le support B2 Assimil mandarin, nous allons nous pencher sur les trois grandes choses à garder en tête pour mieux utiliser ce support dans votre apprentissage du chinois mandarin (普通话). Alors, trois points de vigilances cela veut dire quoi ?! On en parle !

Image : https://www.assimil.com/fr/collection-sans-peine/325-le-chinois-9782700504989.html


« Des caractères infiniment trop petits »

.

Format oblige, la taille des caractères est vraiment sujette à caution


S’il est vrai qu’Assimil fait partie de ces célèbres méthodes d’apprentissage, il arrive malheureusement que la maison d’édition prenne le pas, un peu trop, sur la conception en tant que telle. Malheureusement certaines fois car Assimil, bien qu’incontestablement très utile dans un apprentissage en autodidacte, aura bien une fâcheuse tendance à décliner, à l’identique, nombre de ces fameuses collections ; entendons par-là, une déclinaison réalisée un peu trop indépendamment des langues considérées.

Bien que, certaines fois, tout cela pourrait relever du détail relativement accessoire, il arrive cependant que cela devienne particulièrement impactant. Effectivement, le chinois mandarin fera partie de ces langues disposant d’un système d’écriture bien particulier (a fortiori pour nous autres francophones) mais d’autant plus particulier que, pris isolément ou non, les caractères présents dans cette langue seront très souvent particulièrement chargés en termes de tracés, de nombres de traits. À ce constat pourtant évident, on notera que, malheureusement, la taille d’impression standard du format de poche ne sera que peu propice à la bonne reconnaissance/acquisition de tous ces « différents » caractères.

Si nous avons choisi de placer le terme « différent » entre guillemets c’est bien parce que c’est de cela dont il s’agit. Nul besoin d’épiloguer mais formulons les choses simplement en disant que si chaque caractère restera unique en lui-même il est vrai que, passé la première centaine, beaucoup apparaîtront pratiquement identiques à tel ou tel apprenant. Gageons précisément qu’entre deux caractères donnés, il n’y aura aux yeux d’un débutant/faux-débutants qu’un « petit bout de tracé » qui permettrait de réellement tenter de les distinguer.  
Autant se le dire, la présence d’une taille de police standard aura plutôt un effet contre-productif sur le long terme tant il encourage beaucoup plus (et beaucoup trop) la reconnaissance globale des fameux caractères en question. Si, durant les premières leçons, cela ne constituera pas un élément très impactant, très vite cela risquera de vous compliquer véritablement la tâche.

En bref, il s’agira donc de bien penser à vous munir d’un autre support en vue de l’acquisition réelle de ces différents caractères. Les cahiers d’activités Assimil sont d’ailleurs un bon complément même si on déplorera que l’ouvrage au cœur de la méthode ne tienne pas compte directement de ce qui frôle l’évidence tout de même.

.

« Des notes grammaticales réutilisables quoique… »

.

lorsque le Pinyin tue la progression


La deuxième grande limite inhérente à la conception de cet ouvrage sera, comme l’on pouvait s’en douter, liée à l’absence de l’utilisation du système d’écriture donné dans tout ce qui à trait aux différentes notes et complément d’informations ; en général présentées en fin de page évidement. Ceci, relève bien d’une réelle limite inhérente à la collection Assimil que beaucoup, dont nous, ne cessent de pointer tant il est vrai que cela engendrera beaucoup de complication pour votre progression générale. En revanche, s’il est clair que l’on pourrait le déplorer pour bon nombre de langues, cette limite prend bien une autre dimension pour ce qu’il en va du chinois mandarin (普通话).

Effectivement, une des particularités de cette langue renvoie bien aux liens très peu présents entre l’oral et l’écrit. Si, à force de temps, certaines récurrences pourront être visibles moyennant plus de vécu dans cette langue, il va sans dire que pour des débutants/faux-débutants notamment, cela n’est même pas à envisager. Dès lors, on ne peut qu’être très sceptiques sur la non-présence des caractères au sein de ces différentes notes tant, même si vous parvenez à comprendre telles ou telles informations complémentaires, il sera tout bonnement impossible de les reconnaître/réutiliser directement en situation de lecture/écriture. À titre d’exemple, gageons que « dáng…de shíhòu» et « 当。。。的时候 » n’ont absolument rien en commun graphiquement parlant. Aussi, et même si vous seriez en mesure de comprendre, sémantiquement parlant, telle ou telle structure, telle ou telle nuance, les résultats ne seront pourtant pas là et ceci pour, finalement, une question de graphie. Disposer d’autant d’éléments de langues quoique peu réutilisables restera toujours fort regrettable, ne trouvez-vous pas ?

Dès lors, nous ne pouvons que vous inviter à bien prendre le temps, au sein de ces différentes petites notes, d’aller rechercher les caractères correspondants aux différentes structures et autres nuances mises en avant. Les raisons sont finalement assez simples mais fondamentales tant, sans cela, nul doute que vous ne saurez réutiliser ces mêmes informations dans un contexte réel de lecture notamment. Le problème restera bien que, n’en déplaise au puriste de l’oral, l’immense majorité des supports d’apprentissages seront bien basés sur la modalité écrite et donc nécessiteront, de facto, de réelles aptitudes en lecture pour le coup ; ces mêmes supports particulièrement utiles tout autant sur le plan de la diversité que du peaufinage de tel ou tel aspect plus ou moins ciblé d’ailleurs.

En bref, et même si cela nécessite un effort et du temps supplémentaire, soyez vigilants sur les questions du pinyin au sein des notes grammaticales tant, au bout du compte, vous risquez de faire face à une future mais sacrée déconvenue ; et ce, autant techniquement que motivationellement parlant.

.

« Le pinyin dans les dialogues ou l’éternel débat… »

Certes le pinyin est utile mais il s’utilise avec prudence


On ne va pas s’en cacher, le problème du pinyin et de son côté contre-productif (même si rassurant pour les débutants) fait partie des immanquables dans l’apprentissage de cette langue. Là où beaucoup diront sûrement que celui-ci ne sert à rien, soyons, en ce qui nous concerne, plus nuancés tant il est vrai qu’il aura le mérite de faciliter, un peu, l’accessibilité de cette langue. Un peu dirons-nous car, évidement, si son utilisation pour appréhender le mandarin à l’oral est à peu près claire, le constat s’avère beaucoup plus délicat pour ce qui relève de l’écrit.

Rappelons qu’aucun texte, en dehors des supports pédagogiques (et encore), ne seront rédigés en pinyin et que les caractères s’avéreront de toute façon indispensables pour progresser réellement et globalement dans cette langue. Malheureusement, là où l’outil de transcription que constitue l’alphabet latin aura une tendance à être écarté dans d’autres langues (au début de la phase dite « active » en général), ce principe ne s’applique pas à l’ouvrage concernant le chinois mandarin. Comme j’avais personnellement déjà pu l’évoquer lors de mon bilan relatif au chinois, il est clair que ceci pourra représenter une forme de béquille pédagogique systématique par rapport au développement de vos aptitudes en lecture notamment. Entendons par-là que vous risquez de vous habituer à lire en utilisant les caractères et le pinyin en même temps.
Il va sans dire que cela sera très utile lors du déchiffrage des premières leçons mais que cela aura une fâcheuse tendance à vous « tenter » de lire le pinyin plutôt que les caractères ; et/ou, comme nous l’avons vu, à développer une forme de « double lecture ». En bout de course, et malheureusement, aucune de ces deux aptitudes ne vous permettra vraiment de lire un texte en mandarin tant aucun texte ne se sera rédigé en pinyin seulement pas plus qu’il ne comportera les deux systèmes d’écritures au même moment.

Toutefois, et compte-tenu du peu de liens existants entre l’écriture et la prononciation pour ce qu’il en va des débutants, il apparaît clair qu’enlever le pinyin d’un tel support d’apprentissage serait on ne peut plus risqué, pour ne pas dire inenvisageable. Effectivement, il serait dès lors impossible pour des apprenants avec un niveau en cours de construction de parvenir rien qu’à tenter de prononcer tous les nouveaux termes inhérents à chacune des leçons. Autant se le dire, et dans l’optique de bien travailler votre lecture malgré tout, c’est bien à vous qu’il reviendra de penser à bien mettre le doigt sur les phrases en pinyin ou bien à utiliser, par exemple, la technique du post-it afin de masquer les phrases en question ; ceci pour ne pas trop vous laisser tenter par la lecture du pinyin accompagnant, inévitablement et jusqu’à la fin de l’ouvrage donc, chacune des phrases proposées initialement en caractères.

En bref, soyez vigilants sur la présence du pinyin au niveau de votre progression en lecture car sa présence systématique risquera de vous faire passer à côté de l’exercice pour ce qu’il en va de l’amélioration de vos compétences de l’écrit tout du moins.

Et vous alors ?!Avez-vous des astuces pour mieux utiliser ce support dans votre apprentissage du chinois mandarin ? Dîtes-nous tout dans les commentaires de cet article.


Si cet article vous a intéressé, merci de nous suivre, aimer et partager afin que d’autres puissent en bénéficier

Trois points de vigilances pour mieux progresser avec Assimil Chinois B2 collection « sans peine » #Assimil #Chinois #Sanspeine #Ressources

Bon apprentissage à vous,

Matthieu – Rukmal – P

2 commentaires

  1. Le principal défaut de conception est d’avoir voulu mettre trop de contenu dans un seul volume. Cette langue aurait mérité deux volumes comme pour l’allemand avec un initiation et un perfectionnement. D’ou le coté touffu et la mauvaise visibilité des caractères. Le format Assimil s’adapte aussi mal à une langue sans alphabet où une leçon n’est alors plus du tout courte et l’accumulation des caractères à apprendre too much dès les premières leçons. Cette langue nécessitait aussi une approche plus révolutionnaire (et pas en rouge…) comme ont su mieux faire des concurrents. Le travail d’écriture inexistant (fondamental pour cette langue) n’aide pas et le pin yin en tête d’affiche non plus. Il reste toutefois un très bon outil pour de la révision et l’écoute de conversation. Exemple d’une méthode brillante et innovante: https://labdeslangues.blog/2019/11/28/beijing-cursus-la-methode-de-mandarin-lumineuse/

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour Xequeo et merci pour votre commentaire !
      Effectivement de A0 à B2 fera toujours un grand débat au niveau des méthodes d’apprentissage. Il est vrai que d’autres langues bénéficient d’un meilleur traitement chez Assimil encore que sur ce point, beaucoup d’ouvrages sur le chinois sont sortis récemment avec un changement de format (Objectif A2 Chinois par exemple) : à voir… En tout cas bien d’accord sur le côté limité de cet ouvrage (si pris seul) dans sa conception ; ce qui reste amplement dommage pour un support central de méthode. Merci pour le partage du lien qui pourra en aider plus d’un !
      À bientôt,
      |Langues d’Ailleurs|

      J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s