|Compréhension| La lecture : « l’aptitude centrale de la progression en langues »



Une grande majorité d’apprenants choisit de se concentrer principalement sur les capacités de l’oral. Malheureusement, certaines fois cela pourra se faire véritablement au détriment de l’écrit et surtout de la lecture pourtant essentielle. Alors, la lecture au centre de l’apprentissage et de la progression cela veut dire quoi ?! On en parle !


« La lecture, au cœur de la progression continue »

.

Lire c’est s’offrir l’accès à toujours davantage de supports


D’une manière générale, il n’est pas rare d’entendre que la lecture serait moins prioritaire tant celle-ci aurait peu d’impacts vis-à-vis de l’oral notamment. De par son affiliation directe au domaine de l’écrit, il semble que le fait de développer ses capacités en lecture risquerait donc trop facilement d’apparaître comme relevant du superflu pour beaucoup d’apprenants en langues étrangères. Néanmoins, il va sans dire que les apparences peuvent s’avérer trompeuse tant la lecture (et les capacités qu’elle requiert) constitue bien un élément véritablement déterminant pour envisager une véritable progression en langues

Tout d’abord, il est clair que le fondement de conception d’une très grande majorité de ressources pédagogiques sera bien basé sur la modalité de l’écrit. Si certaines ressources disposeront également de leur pendants audio, l’utilisation d’une majorité de ressources pédagogique nécessitera, de facto, de développer progressivement votre capacité à lire dans la langue visée afin de pouvoir accéder aux leçons ultérieures et donc parvenir à les réaliser. Rien que sur ce point, se posent alors déjà plusieurs difficultés dont celle constituant à ne pas avoir l’opportunité de terminer une méthode faute d’aptitudes suffisante en lecture notamment. Effectivement, entre la complexification de leçons et celle des exercices associés, il va sans dire qu’une compétence en lecture insuffisante risquera de vous faire rester dans une forme de déchiffrage permanent de l’écrit et donc de démultiplier le temps nécessaire à l’appréhension de nouvelles leçons ; des nouvelles leçons elles-mêmes (et déjà) plus longues donc.

En revanche, et si ce constat reste on ne peut plus visible pour ce qu’il en va des méthodes globales d’apprentissage, ce dernier touchera également des supports plus spécifiques. C’est ainsi que l’accès aux dictionnaires (non audio) ou bien aux ressources de grammaire par exemple, sera potentiellement grandement remis en question rien que par le fait de ne pas pouvoir appréhender les diverses phrases d’exemples. Autant se le dire, et même si votre méthode impliquerait d’aller plus ou moins régulièrement piocher dans tel ou tel supports d’apprentissage au sens plus spécifique du terme, ce sera bien votre capacité grandissante à lire la langue visée qui en maximisera les bénéfices ; y compris en termes de temps, d’ailleurs.           

En bref, et pédagogiquement parlant, il est clair que la lecture constituera bien l’aptitude principale sur laquelle vous allez réellement vous appuyer en permanence ; ceci afin de développer toujours davantage votre niveau de langue.

.

« La lecture, une aptitude très quotidienne et concrète »

.

Des manuels et des romans, certes, mais pas uniquement !


Comme évoqué plus haut la capacité croissante de lire votre langue visée fera clairement partie des immanquables pour votre progression aux sens technique et pédagogique du terme. Si les ressources d’apprentissages globales ou plus spécifiques en sont clairement des exemples parfaits il serait pourtant dommage de simplement envisager ces derniers comme seule utilisation concrète de la lecture pour votre niveau de langues. C’est bien à ce titre que, d’ordinaire, on aura souvent tendance à s’empresser de mentionner le fait des romans (bilingues ou non) et autres ressources authentiques du même genre pour justifier de l’importance de la lecture…

En y regardant de plus près, on se rend vite compte que si ces ressources nécessiteront clairement un niveau de lecture de plus en plus avancé, bon nombres d’autres choses nécessiteront également de disposer d’une certaine capacité de lecture. D’ailleurs, vous êtes-vous déjà concrètement demandés combien de fois vous lisiez des choses en français dans votre vie de tous les jours ?! La réponse serait probablement difficilement quantifiable tant l’aptitude à lire n’engendre pas de manière causale le fait de lire un support plutôt qu’un autre. Pêle-mêle nous dirons donc que les titres de vidéo Youtube, les notifications en tout genre, les mails et textos, les panneaux de signalisations en passant par les étiquettes de prix au supermarché seront autant de choses qui nécessiteront un minimum de capacité à lire dans la langue qui vous intéresse. Autant il ne s’agira pas forcément de devenir un expert en lecture autant travailler sa base en lecture (incluant un alphabet différent par exemple) s’avérera particulièrement utile ; et ce, pour n’importe quel projet d’apprentissage finalement.

Vous l’aurez compris, la lecture en « VO » ne saurait se résumer au seul fait des romans plus ou moins complexes à appréhender (même si ces derniers font incontestablement partie du tout) . Lire dans une langue visée vous permettra évidement de gagner en autonomie générale mais également par exemple de sélectionner puis d’identifier plus rapidement certains contenus (vidéo Youtube par exemple) et quand bien même ces derniers vous serviraient, in fine, à améliorer votre oral. Autrement dit, et sans même épiloguer sur les fameux sous-titres ou même les scripts de pièces de théâtre par exemple, l’aptitude à lire en VO est toujours grandement sollicitée dans un apprentissage en langue ; beaucoup plus que ce que l’on pourrait s’imaginer de prime abord.

En bref, il n’y a pas que les manuels d’un côté et les romans de l’autre. Accroitre sa capacité à lire peut s’avérer aussi très concret et très utile ; et ce, même sans aspirer à devenir un « expert » lecteur.

.

« La lecture, et les romans alors ? »

.

Les romans, une véritable source de lexique


Dans tous les cas, la lecture sera donc l’un des fondements essentiels de votre progression et de votre autonomie en langue. Toutefois, il est clair que le fait de pouvoir se confronter par la suite aux romans par exemple pourra, bien entendu, s’avérer très bénéfique. Entendons-nous bien car absolument rien ne vous oblige à travailler votre lecture en vue de la lecture de ce genre de supports. Il s’agira tout simplement, tout bonnement, d’une possibilité parmi d’autres

Néanmoins, et si vous êtes intéressés par ces derniers, il est clair que ceux-ci vous permettront en premier lieu de vous confronter à une quantité folle de vocabulaire en tout genre. Même s’il s’agira de rester vigilants sur certaines questions relatives par exemple à la langue de l’écrit, il va sans dire que les romans constitueront une mine d’or sur le plan lexical et que, de par le fait du récit et de la narration, ils vous permettront d’emmagasiner du lexique contextualisé au sein de phrases réelles.  Dans le même ordre d’idée on notera également que la contextualisation vous permettra également de peaufiner toujours davantage d’autres aspects de la langue visée à l’image de structures de grammaire ou même de phénomènes syntaxiques par exemple…

Un peu à l’image des séries TV et autres films pour votre oral, la force de ce genre de supports résidera donc surtout dans le fait du contexte et d’une narration qui pourront faciliter un peu l’accessibilité de ce genre de ressources. Par ailleurs n’oubliez pas que des contenus écrits au format bilingue existent à foison et que même pour des niveaux moins avancés la lecture en VO de ressources authentiques n’est pas totalement inaccessible ; loin de là même. Il s’agira néanmoins de bien se renseigner sur la réalité du roman que vous souhaiteriez lire afin de vous assurer que ce dernier ne soit pas beaucoup trop avancé pour vous (à l’heure actuelle tout du moins).  Malgré tout, et malgré les difficultés on ne peut plus normales de la lecture de romans en VO, n’hésitez pas à franchir le pas.

En bref, la lecture de romans (bilingues ou non) restera un excellent moyen d’emmagasiner une sacrée dose de lexique. Un processus bien entendu facilité par le récit et la narration et un très bon moyen de progresser en compréhension générale notamment.

Et vous alors ?! Pensez-vous bien à travailler votre lecture?! Dîtes-nous tout dans les commentaires de cet article !


Si cet article vous a intéressé, merci de nous suivre, aimer et partager afin que d’autres puissent en bénéficier

La lecture est une compétence centrale de l’apprentissage en langue #Langues #Lectures #Conseils #Autodidactes

Bon apprentissage à vous,

Matthieu – Rukmal – P

5 commentaires

  1. Bien sûr la lecture est un moyen puissant pour accroitre son vocabulaire en particulier par l’effet de répétition évidente de mots pour une bonne mémorisation. Toutefois la lecture doit être impérativement adaptée en niveau pour qu’elle soit plutôt facile pour y prendre du plaisir ou acquérir une certaine confidence. Le choix des textes est donc primordial et les meilleurs produits sont ceux « étudiés pour » comme celui-ci pour le russe https://labdeslangues.blog/2019/07/18/la-lecture-avec-audio-larme-fatale-pour-progresser-en-russe/
    Une dose raisonnable de nouveautés doit être bien calculée et le tète suffisamment intéressant pour motiver la poursuite de la lecture. L’usage de contes adaptés (voir le lien) est un exemple de lecture efficace pour cet usage. Trop de textes sont ennuyeux ou truffer de difficultés qui ralentissent l’acquisition…
    Si la lecture papier est plus reposante à l’oeil et plus rapide à l’usage (sans défilements d’écran et d’appareils à recharger ou limiter en taille), elle doit être accompagner d’audio pour la prononciation et l’acquisition de la mémoire « orale »(un classique est aussi de lire à voix haute).
    Un élément primordial de la pratique de la lecture est également l’assimilation progressive de la grammaire. Un élément bizarre attirera l’attention et poussera votre curiosité à rechercher un point de grammaire particulier tel un détective mais aussi validera dans la pratique une règle acquise dans un cours ou livre de grammaire. Elle n’est plus alors une matière « à coté » mais une réalité. Un automatisme est aussi acquis.

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour Xequeo et merci pour votre commentaire !
      Vous avez parfaitement raison sur l’ensemble des points que vous avez soulevé ! D’une manière générale l’adaptation d’un support à son niveau réel restera le fondement d’une progression réelle et saine ! A fortiori pour les ressources authentiques, d’ailleurs.
      Néanmoins, et pédagogiquement parlant, ce qui m’alerte assez souvent chez certains apprenants c’est bien le fait de mettre la lecture trop de côté alors que cette dernière restera indispensable rien que pour pouvoir « poursuivre » une méthode ; ceci générant souvent des abandons de méthodes/formations…et dans ce cas-là pas de mystère malheureusement.
      De la même manière le fait de systématiquement relier lecture et romans peut s’avérer très délétère pour le gain d’autonomie dans la langue visée car nous lisons énormément de choses différentes…
      Merci pour toutes ces informations justes et complémentaires apportées !
      |Langues d’Ailleurs|

      J'aime

  2. Article très intéressant et lucide. Les gens ne lisent plus ou très peu déjà et même un bilingue se montre parfois réticent à « se l’avancer » dans un ouvrage en langue étrangère (moins détendant, moins spontané, etc)… Alors, évoquer les autres supports au quotidien est judicieux car ils sont finalement plus motivants (courts, concrets) et presque plus « utiles ». Pour preuve, nous sortons de notre faculté de langue étrangère tout plein d’un bon niveau académique dans la langue choisie et lors de notre premier vrai séjour dans le pays étranger… oh la la! Quel écart! L’essentiel, le « nécessaire » immédiat nous ne l’avons pas et là, pour le coup, merci à tous les supports écrits: ils nous sauvent la mise! Merci pour votre article comme pour les autres: un regard affûté sur l’apprentissage des langues et des conseils vraiment pertinents.

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour Guéno et merci pour votre commentaire !
      Effectivement, vous avez bien raison de le rappeler la recherche de l’immédiateté des résultats dans l’apprentissage en langues n’est que rarement une bonne allié… Je comprends parfaitement pour le décalage entre langue académique/langues d’usage qui malheureusement touche beaucoup d’apprenants ! Vous avez bien raison les commentaires (et même les publicités) s’avèrent aussi d’excellents petits supports très concrets pour continuer de progresser !!
      Merci à vous de nous suivre surtout et ravis que nos articles puissent vous accompagner dans vos études. Nous espérons que votre apprentissage se déroule pour le mieux ! Ne lâchez rien surtout !
      |Langues d’Ailleurs|

      J'aime

  3. Je voulais dire « se lancer »…. et non «se  l’avancer » qui n’a aucun sens et ajouter un « s » à « plein » serait quand même un minimum:). D’ailleurs, j’y pense en écrivant ce second commentaire: lire des commentaires dans la langue que l’on apprend (sur des forums, sur des sites, etc.) s’avère très instructif: souvent dans un vocabulaire direct, d’actualité, dans des niveaux de langue différents (du soutenu au familier)… un bon exercice!

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s