|Compréhension| Lecture en VO : « pour franchir le cap »


Lire en VO peut s’avérer être un exercice au combien délicat pour des apprenants en langues étrangères. Si parvenir à lire entièrement un roman ou assimilé pourra s’avérer assez retors, le simple fait de franchir le cap de la lecture en VO semble souvent déjà complexe. Alors, quels conseils afin de mieux appréhender la lecture en VO ?! On en parle ! 


« Lecture en VO, une entreprise spécifique »

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Se sentir impressionné, c’est amplement normal !


Si la lecture en VO se trouverait être potentiellement complexe c’est avant tout car elle impliquerait de disposer d’un niveau de langue relativement solide, et ce, sur bien des aspects de la langue à la fois. Effectivement, et outre les traditionnels éléments relevant purement de la langue écrite (lexique, connecteurs…), il est clair que lire des textes en VO à de quoi impressionner n’importe qui de par l’omniprésence des éléments d‘ordinaire moins mis en avant ; à l’image de la conjugaison et autres faits et phénomènes de grammaire plus ou moins complexes par exemple…

Dans le même temps, on se rendra vite compte que le développement d’un niveau de langue d’usage à l’oral s’appuiera (surtout dans les débuts) sur l’utilisation/assimilation des multiples récurrences de la langue donnée. Sur ce point, on notera d’ailleurs que bon nombre d’études ont su démontrer qu’un pool allant de 500 à 1000 mots était suffisant pour s’exprimer (lexicalement parlant) dans une très vaste majorité de situations de la vie courante tout du moins. En revanche, les ressources de l’écrit (hors ressources pédagogiques), elles, ne reposeront que très peu sur ces mêmes éléments ; certainement pas dans les mêmes proportions en tout cas. Le tout, engendrant de facto une quantité d’informations beaucoup plus importante à assimiler/utiliser et ce, d’autant plus qu’elles porteront évidemment sur les multiples facettes d’une langue donnée.

Dès lors, et à ce stade, on comprend beaucoup mieux une partie des raisons amenant généralement aux diverses craintes et hésitations des uns ou des autres quant au fait de la lecture en VO. L’omniprésence des « talkative approach » et le focus majoritairement réalisé à l’endroit de l’oral qu’elles impliquent rend, de base, l’exercice de lecture en VO certainement plus complexe que ce qu’il est vraiment. Ainsi, quoique sans épiloguer plus que de raison, on notera déjà que la recherche systématique d’immédiateté des résultats (à l’origine du désormais sacrosaint 20/80) ne peut fonctionner que sous un principe d’économie massive de tout un tas de points de langues ; jugés, ce faisant, comme relevant du complètement accessoire. Accessoires à n’en pas douter lorsqu’il s’agira de commander une bière ou de parvenir à demander son chemin mais tout de suite beaucoup moins lorsque qu’il s’agira d’entamer la première ligne de la page numéro une de tel ou tel roman par exemple.

En bref, se sentir impressionné et un peu désarmé face à la lecture en VO est on ne peut plus normal. Autant sur le plan technique qu’en termes de Mind-set, la lecture en VO n’est surtout pas à considérer comme un simple décalque à l’écrit d’une conversation qui serait, elle, tenue à l’oral.

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« Lecture en VO, un alphabet suffisant »

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À la base de tout, il y a bien l’alphabet 


Commençons par rappeler que toute lecture en VO nécessitera une certaine assimilation de l’alphabet de la langue donnée. Que l’on ne s’y trompe pas tant, malheureusement, le focus « full oral » entrepris en majorité impliquera souvent, rien qu’à ce stade, une acquisition de l’alphabet (ou assimilé) peut-être un poil trop léger. Si cela n’impliquera que très peu le développement de ces capacités premières à l’oral (élocution, articulation…) il est clair que cela fera rester l’apprenant dans un déchiffrage systématique du moindre pan de signe donné pour ce qu’il en va de l’écrit cette fois. On comprend alors aisément, l’épuisement, la frustration et le découragement grandissant pour celui ou celle qui, malgré tout, persévèrerait dans l’entreprise de la lecture

Effectivement, il va sans dire que là où un apprenant maîtrisant suffisamment l’alphabet donné pourra davantage consacrer effort, attention et vigilance à l’endroit de ce qui est réellement formulé (fond et forme), un autre apprenant moins au clair sur le système de l’écrit spécifique devra, lui, de toute façon redoubler d’énergie afin de décrypter tel ou tel contenu ; lettres après lettres, mots après mots, puis phrases après phrases. Outre l’augmentation drastique du temps nécessaire à allouer au fait de la lecture, on notera surtout une mésestimation des réalités de la langue écrite et donc, ce faisant, d’un ensemble de difficultés spécifiques qui, vous l’aurez compris, auront en général beaucoup moins d’incidence sur l’oral.  

Pêle-mêle, nous poserons donc les immanquables écarts entre l’oral et l’écrit en entamant par les classiques combinaisons différentes à l’écrit mais qui, pourtant, peuvent être identiques du point de vue de la prononciation. Sur ce point le français et l’anglais en sont d’ailleurs de très bons exemples. Idem, pour ce qui à trait à la ponctuation ou bien aux éléments diacritiques et stylistiques (majuscules, accents, soulignement, italique…). On le voit donc, rien que ces quelques subtilités nécessiteront de toute façon d’être déchiffrées dès lors que celles-ci se présenteront couchées sur le papier en l’occurrence. Reprenons ensemble l’exemple le plus classique mais le plus véridique possible :


  • 1) Imaginons que vous ne connaissiez de l’alphabet latin que les lettres « a, b, c et d » écrites en curviligne.
  • 2) À la lecture de ces mêmes lettres rédigées en majuscules (A, B, C et D) vous devrez donc les « déchiffrer » graphiquement parlant.
  • 3) « a, b, c et d » et « A, B, C et D » n’incluent pourtant aucune différence dans le sens donné au futur mot et, d’ailleurs, se prononcent également d’une manière identique à l’oral.

On le voit donc, rien que ce genre de détails aura le don de grandement complexifier n’importe quelle tentative de lecture alors même qu’ils ne portent finalement que très peu sur le sens à comprendre derrière. Autant se le dire, et même si cela peut prendre un peu de temps, il est clair que refaire un petit tour d’horizon de l’alphabet donné relèvera de tout sauf du luxe. 


En bref, et sans aspirer à devenir un expert total d’un système d’écriture différent, la base de l’alphabet constituera clairement un impératif afin de s’assurer d’une réussite en lecture qui, quoique que progressive, pourra être véritablement qualifiée comme réellement grandissante.

« Lecture en VO, on change quelques critères »

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Lire n’est pas entendre !


Nous le formulions dès le début mais on ne saurait s’empêcher de répéter que la lecture et la progression qu’elle implique demeure pour une large part très différente de son homologue à l’oral. Autant pour ce qui pourrait être qualifié de plus aisé que de plus complexe d’ailleurs. Ainsi, là où la spontanéité restera un critère important de la production orale elle deviendra  souvent à l’origine de chose plus néfaste et contre-productive pour ce qui touche à l’écrit dans une langue étrangère

Lire dans une langue étrangère prend et prendra inévitablement du temps et, face à l’exercice, cela tombe plutôt bien car vous avez vraiment le temps. En réalité, et face à la course que peut constituer certaine fois une pratique orale de telle ou telle langue, il conviendra de rappeler qu’à l’écrit rien ne vous oblige à lire tant de ligne en tant de temps ; bien au contraire même. Le but sera clairement ici d’organiser déjà la quantité de choses à lire fonction de votre niveau, envies et intérêts pour la progression en lecture donc. Si le classique « une page par jour » constituera certainement un repère aussi général que convaincant, il s’agira en réalité de surtout décomposer la quantité à lire compte-tenu de votre organisation générale.
Effectivement, si une conversation nécessitera clairement d’être menée à son terme, lire un roman par exemple n’entraine pas de manière causale le fait de le lire d’une traite ou en un laps de temps prédéfini ; sauf si cela correspond à un objectif que vous vous êtes clairement posés, bien entendu.  Il est vrai que lire un seul paragraphe en VO pourra s’avérer finalement beaucoup plus efficace que le fait de s’entêter sur 20 pages d’un coup d’un seul. Prendre le temps de se concentrer sur ce que vous lisez restera globalement plus efficient.

Une efficience clairement observable et notamment vis-à-vis de la grande difficulté de la lecture comparativement au pendant oral : la quasi-absence de contexte. Eh oui ! La grande difficulté de l’exercice résidera surtout dans la quasi-disparition du fer de lance de nos chers méthodes « full oral » qui, en dehors du principe de récurrences extrêmes, accorderont au contexte beaucoup d’importance pour maximiser l’assimilation des informations.
Si une telle chose est loin d’être idiote à l’oral elle ne saurait que trop peu être réinjectée à l’écrit tant l’appréhension d’un tel contexte nécessitera, le plus souvent, que vous parveniez déjà à lire et donc à comprendre suffisamment de chose ; pour voir émerger ce dernier en l’occurrence. Aussi, éléments de contextes et même para-verbaux seront autant de choses qu’il conviendra de savoir lire un minimum (didascalies…) afin de bénéficier, par la suite, des effets facilitants qu’ils peuvent effectivement octroyer. On comprend dès lors davantage l’importance de rester mesuré quantitativement parlant afin de s’assurer d’une lecture avançant le plus sereinement et efficacement possible.

En bref, on constate ensemble que le fait même de lire en VO nécessitera certains changements dans l’appréhension de certains critères sous peine de se voir confronté à certaines désillusions et à la démotivation qui l’accompagne.

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  « Lecture en VO, adapter pour avancer »

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Choisir ses lectures n’est clairement pas accessoire !

Vous l’aurez compris, mais se mettre à la lecture en VO nécessitera clairement de procéder à quelques changements ; et ce, autant au niveau de critères et des (auto)exigences que vous pourriez avoir que des ressources à utiliser. Loin d’être insurmontable, il n’en reste pas moins que ces quelques éléments doivent vous alerter afin d’envisager une progression la plus sereine malgré tout. Sur Langues d’ailleurs, nous vous proposerons régulièrement du contenu afin de faciliter vos futures lectures en VO mais nous allons dès-à-présent vous donner quelques informations liées aux différents supports afin d’aller dans ce sens :

La Bande-dessinée : Un genre de support par excellence pour tous les lecteurs débutants en langues étrangères. Nous avons démontré que, même avec un bon niveau à l’oral, l’absence d’appréhension de contexte demeurait l’un des freins les plus importants dans l’exercice de la lecture. Dès lors, la bande-dessinée constituera un excellent moyen de pallier un tant soit peu à ce problème en vous proposant les illustrations accompagnantes tel ou tel texte. Contrairement à un roman graphique par exemple, la bande-dessinée vous offrira systématiquement une image maximisant donc l’émergence régulière de contextes liées aux diverses phrases données.
Par ailleurs, et un peu à l’image des séries TV, on notera aussi que beaucoup de BD (Tintin…) ont été déclinées dans un vaste ensemble de langues vous permettant, ce faisant, de bénéficier des effets facilitant liées à l’utilisation de ressources déjà familières.    

Les scripts de pièces de théâtres : Un moyen plutôt efficace d’entamer l’exercice de lecture tant, sous réserve des vues de l’auteur, ces scripts seront toujours plus proches de la langue orale que de la langue écrite de par le fait qu’ils mettent en scène majoritairement des dialogues entre un ou plusieurs protagonistes. Dès lors, il vous sera possible de vous appuyer sur certaines récurrences et certains acquis quand bien même ceux-ci relèveraient plutôt de langue orale à la base.

Les extraits : D’une manière générale, internet regorge de contenus écrits de formats plus ou moins courts. Si l’on pensera volontiers aux dossiers et/ou aux micros-articles présents sur tel ou tel site web (actualités,…) on oubliera souvent la présence massive de contenus tels que les commentaires et autres posts. Il vous sera tout à fait possible d’exercer un peu vos capacités à lire en vous confrontant à ces fameux commentairesAttention toutefois car ces deniers sont souvent clairement liés à la langue orale et peuvent comporter énormément de fautes. Néanmoins, fautes ou non, êtes-vous capables de comprendre (même globalement) ce que ces derniers signifieraient ?!

La publicité : Eh oui, même si la publicité peut avoir le don d’agacer, en tant qu’apprenants elle peut être une source non négligeable d’apprentissage. Autant par son aspect relativement court que parce qu’elle utilisera des codes plutôt oraux, les écrits publicitaires peuvent constituer un bon exercice en continu pour accroître votre capacité ou débuter en lecture. Alors, lorsqu’un bandeau publicitaire s’affiche de manière intégrée en VO dans votre série sur YouTube, faire « pause » et tenter de lire ce dernier n’est peut-être pas si inutile que cela.

En bref, il est tout à fait possible et même recommandé de se saisir d’un ensemble de supports afin de progresser en lecture. Si un roman peut apparaitre comme inaccessible, beaucoup d’autres supports existent. Alors, n’hésitez pas à tenter l’aventure tant la lecture restera fondamentale pour votre apprentissage !
& bonnes lectures à vous !

Et vous alors ?! Comment avez-vous franchi le cap de la lecture en VO ? Dîtes-nous tout dans les commentaires de cet article !


Si cet article vous a intéressé, merci de nous suivre, aimer et partager afin que d’autres puissent en bénéficier.

Franchir le cap de la lecture en VO pas à pas #Langues #Compréhension #Autodidacte #Projets #LectureVO

Bon apprentissage à vous,

Matthieu – Rukmal – P | Langues d’Ailleurs

4 commentaires

  1. Il existe des outils pour faciliter cette lecture: livres bilingues, applications qui, en cliquant sur un mot, le traduit, navigateur avec fonction double pages, sites où vous téléchargez le texte en VO et qui vous fournit une panoplie d’outils (traduction, stockage du vocabulaire peu connu…). Ils sont très utiles pour un premier pas avec corde de rappel et permettent généralement de mettre en avant vos besoins urgents en grammaire! Comme toujours le choix du niveau ou du style de textes est primordial!

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour Xequeo et merci pour votre commentaire !
      Vous avez bien raison! Parfaitement résumé ! Et ces quelques astuces supplémentaires amènent au même résultat : la lecture en VO est tout à fait possible et plus accessible que ce que l’on pourrait penser et craindre.
      Merci pour les informations apportées.
      |Langues d’Ailleurs|

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