|Compréhension| R&D : « Les problèmes de la compréhension opérante ? »


Aujourd’hui, on prend le temps de se pencher sur un gros sujet de l’apprentissage des langues : la compréhension orale et écrite. On décortique tout cela dans l’optique de favoriser une amélioration de la compréhension (et en continu). Alors, par compréhension opérante, on entend quoi exactement ?! On en parle !


« La compréhension en langues, un phénomène vraiment complexe ! »

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Beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît !


Améliorer ses capacités en compréhension n’a clairement rien de si aisé que cela. S’il peut être assez simple durant les premières semaines/mois de s’améliorer significativement dans la compréhension d’une nouvelle langue, très vite la tâche s’avèrera de moins en moins facile à réaliser. Les raisons à cela sont évidements multiples mais les premières d’entre-elles renverront inévitablement à une complexification certaine quant aux nouveaux éléments de langues qu’il conviendra d’assimiler. À cela se rajoutera évidement le fait de parvenir à articuler toutes ces informations les unes avec les autres ; et le tout, avec une quantité elle-même toujours grandissante.

Autant se le dire, la compréhension en langues ne suivra certainement pas une progression vraiment linéaire mais bien cyclique ou en « spirale » ; ceci comme nous avions déjà pu le soulever dans un précédent article. Toutefois, et en y regardant de plus près, on se rendra surtout compte que la capacité de comprendre une langue (ou dans une langue) procède d’un enchevêtrement de beaucoup de facteurs distincts.

Dès lors, on pourrait aisément opérer une première distinction entre deux types de compréhensions en langues que, dans cet article, nous choisirons de nommer compréhension réelle et compréhension opérante. Deux types de compréhensions dirons-nous qui, bien que produisant toute deux des résultats, ne relève pourtant pas tout à fait la même chose ; et surtout, ne permettent pas forcément de réaliser la même chose. 

En bref, la compréhension en langues est un phénomène complexe. Reposant sur de multiples facteurs elle ne se limitera donc pas à l’assimilation d’une seule et unique chose ! C’est-à-dire ?!

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« La compréhension opérante, une vraie-fausse capacité ?»

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Une compréhension clairement plurifactorielle !


D’une manière générale, on pourra facilement s’étonner du fait de se trouver capable de tenir des conversations nécessitant donc une certaine aptitude en compréhension de la langue (en VO et plus ou moins longues et complexes) tout en éprouvant une certaine difficulté à comprendre d’autres supports. Si l’incapacité à lire une « une » de journal restera un parfait exemple c’est bien car celle-ci, en réalité, ne comportera que très rarement de grandes phrases terriblement longues et qui userait de styles estampillés comme relevant du très littéraire par exemple. Bien au contraire, qu’il s’agisse de l’oral ou de l’écrit, ne pas être en mesure de saisir trois mots alors même qu’il serait tout à fait possible de comprendre avec une certaine aisance des discussions diverses aura de quoi légitimement perturber…

En se penchant sur la question, on notera qu’en fait il s’agit là d’une conséquence relativement simple à connaître mais dont les résultats pourront, le cas échéant, laisser un goût un peu amer dans la bouche de certains apprenants. Effectivement, et en dehors de l’unique question de lexique ou de l’éventuelle maitrise minimum de l’écrit, on se rendra compte que cette capacité de compréhension de la langue s’appuiera finalement autant sur un certain niveau de langues que sur un nombre de facteurs qui en seront plus ou moins éloignés et distincts. Explicitons cela au travers d’un schéma représentatif quoique non exhaustif :  

Vous l’aurez compris, on peut décomposer rien que ces quelques facteurs de compréhension en acteurs directs et indirects. Les premiers touchant directement à ce qui constitue la langue en elle-même (grammaire, syntaxe, lexique, conjugaisons, cas…) là où les seconds seront beaucoup plus liés et soumis à la situation de compréhension relativement spécifique. Aussi, les éléments de compréhension indirects demeurent donc extrêmement variables (d’une situation à une autre) mais indubitablement facilitants. Facilitant autant la compréhension en elle-même que l’état d’esprit (mind-set) de tel ou tel apprenant face au fait d’aborder la situation de compréhension en question.

Pour illustrer quelques unes de ces variations :

Les « aides potentielles » que constituera la présence éventuelle de dictionnaires (numérique…) ou le fait de pouvoir avoir recours à un ami (si le besoin s’en fait sentir) seront clairement facilitant ; y compris pour ce qu’il en va de l’état d’esprit. Ainsi, une conversation entre amis avec accès facile à ces « soutiens » sera facilitée comparativement à une situation de compréhension où l’apprenant se trouverait seul devant le fait à comprendre. On citera également le fait d’échanger systématiquement avec les mêmes personnes qui ne manquera pas de favoriser une forme d’habituation ; et sur bien des aspects à la fois.

Le « culturel » aura une tendance à se retranscrire via nombre de termes et d’expression idiomatiques (ayant plus ou moins de sens littéral d’ailleurs) ; ceci pouvant complexifier ou simplifier la compréhension d’une source ou d’une autre. Toutefois, si l’idiomatique restera un parfait exemple, on mentionnera aussi tout ce qui relève du bain culturel et de ses références plus ou moins ancrées. Ainsi, si l’oral de langues fera en général abstraction de ces éléments culturels, une conversation avec un natif ou le visionnage d’une série en VO en comportera, à l’inverse, un sacré paquet.

En bref, la compréhension opérante s’appuie sur un nombre au combien divers de facteurs afin de parvenir (ou non) à comprendre telle ou telle source…Certes mais alors où est le problème finalement ?!

« La compréhension opérante, non irréelle mais plus variable ?»

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Des résultats : oui  Suffisants ? : À vous de voir !


En étant le plus honnête possible on ne pourra qualifier la compréhension plurifactorielle comme étant irréelle. Effectivement, on ne peut que se rendre compte du fait que celle-ci produit bien des résultats et qu’elle permet véritablement d’améliorer sa compréhension dans telle ou telle langue ; dans une certaine mesure tout du moins…Effectivement, vous aurez bien compris que ces facteurs facilitants resteront par essence très variables, et ce, rien que pour l’exercice de la compréhension. D’ailleurs, on observe aisément que ceux-ci peuvent être amenés à varier y compris au sein d’un même type de source amenant donc à diminuer/augmenter la facilité d’avec laquelle il sera possible de parvenir à appréhender la situation de compréhension ; un constat déjà véridique pour la compréhension globale, d’ailleurs.

La compréhension opérante n’est donc certainement pas mauvaise ni même fausse en tant que telle. Le fait qu’elle produise des résultats réels n’est absolument pas à remettre en question et le fait de s’appuyer sur des faits et phénomènes plus ou moins loin de la langue n’est en rien à blâmer. On constate alors que toutes les approches/méthodes ayant pour but de s’appuyer sur d’autres faits que ceux de la langue ne sont en rien inefficaces mais choisissent d’obéir davantage à l’exigence du résultat immédiat doublé d’un éloignement avec des faits de langues jugés incontestablement moins glamours : grammaire, syntaxe, conjugaisons, maitrise d’un alphabet autre, précisions phonémique et phonologique…Ce faisant, où est le problème ?!

Le problème majeur se situera clairement du côté de la pluralité des situations de compréhension à laquelle il sera possible d’être confronté. En effet, de très larges et grands écarts risquent de s’observer pour un apprenant ou un autre en fonction notamment des multiples objectifs poursuivis. Nous le soulevions déjà avec les unes de journaux mais on se rendra compte aussi que, malgré de bonnes capacités générales en conversation par exemple, un certain nombre d’apprenants ne parviendront malheureusement pourtant pas à comprendre une série standard en VO et sans sous-titres (même globalement) … Un paradoxe pas si paradoxal que cela compte tenu de ce que nous avons soulevé plus haut. Car oui qui dit série en VO dit entre autres-choses :

  • aucune reformulation (grammaticale, lexicale, syntaxique…) possible dans les dialogues,
  • aucune modification de rythme facilitante (répétition plus lente de phrases/termes isolés divers…)
  • Des réalités prosodiques plus larges (liées à l’élocution de plusieurs personnages spécifiques)
  • Altérations liées aux montages sonores et à la qualité d’encodage
    Cette liste a une valeur démonstrative et non exhaustive

En bref, la compréhension qualifiable d’opérante peut être largement suffisante pour vos envies/besoins en langues mais, en fonction de votre projet, elle pourrait bien facilement se retourner contre vous…Alors, restez vigilants !

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Et vous alors ?! Avez-vous des difficultés à améliorer votre compréhension dans votre langue visée ?! Dîtes-nous tout dans les commentaires de cet article !


Si cet article vous a intéressé, merci de nous suivre, aimer et partager afin que d’autres puissent en bénéficier.

La « compréhension opérante » des résultats oui ! Mais est-ce suffisant…? #Langues #Compréhension #Autodidacte #progression #conseils

Bon apprentissage à vous,

Matthieu – Rukmal – P

3 commentaires

  1. Une fois passée l’étape de base A1, seule une dose massive de vocabulaire à apprendre permet d’améliorer la compréhension. Des outils comme la lecture de livres (excellent avec son aspect contextuel) et de lexiques thématiques ou des applications dédiées permettront alors de comprendre, après usage intensif, avec un taux supérieur de reconnaissance. Une trop faible base de mots connus (en général le lexique du voyage est seulement proposé par les applications) ne permet pas de passer à l’étape supérieure de la « sémantique locale ».
    Lingq est à ce titre une application efficace pour l’acquisition de mots en contexte de par son concept de capture et d’identification de mots dans le texte https://labdeslangues.blog/2016/12/03/lingq-la-surprise-du-chef/
    Les supports pédagogiques sont en général édulcorés des « variantes » et mots moins fréquents pour faciliter l’apprentissage. L’accent et la vitesse de prononciation sont aussi des éléments « filtrés » par les enseignants en langue étrangère. Le choc peut alors être rude dans un environnement réel. Mais c’est l’étape normal d’un apprentissage de langues qui est toujours long et chaotique. L’immersion (bien choisie…) est la clé pour évoluer mais n’est réalisable et efficace qu’avec un bagage suffisant de vocabulaire. Il faut donc dès le départ s’obliger à un plan journalier d’acquisition de mots nouveaux (10 par jour par exemple) et s’y accrocher comme un naufragé à sa bouée.

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour Xequeo et merci pour votre commentaire !
      ► La question de l’importance du lexique comparativement au reste est toujours sujette à caution car, en réalité, celle-ci dépendra énormément des besoins et des objectifs poursuivis ainsi que de la langue spécifique étudiée.
      ► Vous avez bien raison de mentionner l’existence de l’application de Steve Kaufmann qui effectivement, fonction des objectifs, peut s’avérer d’une très grande aide pour un apprenant !!!
      ► Complètement d’accord sur le fait de se poser un MO afin de s’y repérer dans ce long parcours d’apprentissage et de continuer à avancer malgré tout !
      Merci pour ces informations complémentaires apportées !
      |Langues d’Ailleurs|

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