|R&D| FAQ des deux ans du site : « Apprendre une langue en autodidacte »


Voilà près de deux ans que Langues d’Ailleurs existe. L’occasion de célébrer cet anniversaire avec toutes celles et ceux qui viennent régulièrement consulter le site. Aujourd’hui, je reviens sur les principales questions que vous m’avez le plus posées tout au long de ces deux années écoulées. Alors, des questions & remarques sur l’apprentissage des langues en autodidacte ?! On en parle !


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Note à l’attention des lecteurs : Le présent article est un regroupement des principales questions et remarques que nous avons soulevées ensemble depuis plus de deux ans. Il n’a donc pas pour vocation à être totalement exhaustif. Merci à toutes celles et ceux qui de manière directe ou indirecte auront contribué à cette foire aux questions.

Matthieu Rukmal P | Langues d’Ailleurs

« FAQ 2021, Projet linguistique et méthodologie »

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Un projet en langues entre solidité et flexibilité


Q : « Vaut-il mieux apprendre une ou plusieurs langues en même temps ?!« 

LDA : Si dans l’absolu apprendre plusieurs langues au même moment n’est en rien impossible, il est clair qu’un apprentissage restera une sacrée dose d’efforts ; ne serait-ce que sur le plan temporel. Apprendre plusieurs langues en même temps est donc généralement peu recommandé car les risques de se voir stagner et/ou avancer moins rapidement sont bien présents. Néanmoins, cela dépendra grandement du projet poursuivi et du niveau désiré dans ces mêmes langues…
En effet, si vous visez ne serait-ce que le niveau intermédiaire dans plusieurs langues, il sera préférable de s’y prendre successivement.  À l’inverse, si votre niveau dans une langue est proche de l’intermédiaire le fait de débuter de zéro un autre apprentissage restera alors beaucoup plus envisageable. On voit donc l’absolu nécessité de bien évaluer soi-même ses compétences dépendamment des objectifs que vous souhaitez atteindre ultérieurement.

Q : « Établir un projet est-ce vraiment utile ?!« 

LDA : Pas de doute cela restera primordial pour votre progression. Un projet n’est pas qu’une théorisation abstraite de votre parcours mais vous servira de référentiel pour aller acquérir ressources et supports les plus adaptées à vos contraintes et objectifs personnels. Un constat qui inclura aussi toutes les aides et accompagnements dont vous pourriez bénéficier via différents types d’accompagnateurs.
En revanche, pas de panique car un projet, tout aussi précis qu’il puisse être, reste bien un indicateur général mais n’est clairement pas à envisager comme quelque chose qui serait gravé dans le marbre. Votre projet doit toujours être réévaluer en fonction de vos objectifs et, bien entendu, de vos avancées réelles.

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Q : « Dois-je prendre des cours de langues ?!« 

LDA : Prendre des cours de langues n’est ni impératif ni obsolète. Il s’agira clairement d’un outil/support potentiellement intéressant compte tenu de vos objectifs et des échéances qui vont avec. À cela se rajouteront aussi des questions touchant à votre personnalité ainsi qu’à votre expérience dans l’apprentissage des langues. D’une manière générale, l’apprentissage avec un professeur vous assurera souvent des résultats plus rapides/solides pour des niveaux débutants.
En revanche la pédagogie est évidemment quelque chose de capricieux et, à ce titre, elle ne saurait remplacer la présence et le développement de l’implication et de l’effort personnel d’apprentissage. Aussi, il est clair que mettre systématiquement et entièrement votre apprentissage dans les mains d’un seul tiers peut s’avérer très contre-productif sur le moyen/long terme ; tant ce dernier, quoi qu’il puisse en dire, sera toujours limité sur un aspect ou sur un autre.

Q : « Dois-je passer une ou plusieurs épreuves de langues ?!« 

LDA : Non clairement pas ! Si les épreuves en langues demeurent appréciables sur bien des points, leurs passations n’est en rien obligatoire. Les épreuves de langues pourront vous permettre de vous situer dans une progression au sens large ou bien seront à appréhender comme autant de moyens nécessaires pour s’approcher de certains objectifs précis (études  à l’étranger dans un faculté précise, accession à un métier donné…). Les épreuves sont donc à appréhender pour ce qu’elles vous permettent/permettront de faire et non pas pour ce qu’elles sont/semblent être.

Q : « Apprendre en autodidacte est-il mieux/plus efficace ?!« 

LDA : Clairement pas ! Apprendre en autodidacte n’entraîne pas de manière causale une meilleure réussite. Un projet d’apprentissage en autodidacte est une modalité d’apprentissage spécifique qui doit être mise en place due à une mise en évidence de vos objectifs et contraintes spécifiques (générales ou temporaires). Tout comme la prise de cours qui pourra laisser untel ou tel autre sur le carreau, l’apprentissage en autodidacte n’est pas à recommander comme un absolu miraculeux. Apprendre  en autodidacte c’est autant d’avantages que d’inconvénients spécifiques et plus ou moins distincts des méthodes d’enseignements plus classiques.

Q : « En tant qu’autodidacte je n’ai pas besoin de profs ?! « 

LDA : Être autodidacte et développer son autonomie d’apprentissage a pour objectif premier d’ouvrir le champ de possibilités d’apprentissage et certainement pas de vous en enlever. À ce titre, si les connaissances et compétences diverses auront le mérite de pouvoir optimiser un apprentissage en le rendant le plus individualisé possible, le recours à un professeur de langues n’en devient pas pour autant une option totalement à exclure.

D’une manière générale, il s’agira bien de ne jamais passer à côté d’une ressource ou d’un outil potentiel qui pourrait vous permettre d’avancer à cause d’une simple question de principe. Aussi, et dans certaines situations le recours à un professeur n’est pas une mauvaise idée. L’exemple le plus flagrant sera certainement dans le cas où vous bloqueriez réellement sur un aspect assez précis. Dès lors, se rapprocher d’un professeur confirmé sera une option plus qu’envisageable.
Notez par ailleurs que prendre des cours n’engage pas forcément sur la durée et qu’il est donc tout à fait possible de se saisir d’un professeur de manière ponctuelle afin d’aborder et d’avancer sur des points spécifiques. Ne restez surtout  pas bloqués !

Q : « Dois-je apprendre avec un natif ou un non natif ?!« 

LDA : C’est une question très complexe en soi tant les questions de feeling ont évidement leur rôle à jouer. Néanmoins, et d’une manière générale, on pourra quand même privilégier le fait des locuteurs non-natifs ; jusqu’aux niveaux intermédiaires tout du moins. En effet, l’expérience d’apprendre spécifiquement une langue donnée n’est pas une expérience vraiment remplaçable par une autre. Se diriger vers des locuteurs natifs (dans un cadre clairement pédagogique) c’est prendre le risque de consulter quelqu’un qui ne peut que se représenter/s’imaginer les difficultés (par observations et récurrences notamment) mais qui sera souvent bien en mal de vous proposer des techniques spécifiques (fond et/ou forme) pour pouvoir y remédier.  

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Q : « Cette langue m’intéresse mais je ne sais pas trop pourquoi. Dois-je m’y mettre ?!« 

LDA : Clairement oui ! Non pas tant pour vous inciter à consommer une énième formation express mais plutôt car un projet démarre quand il démarre. Par expérience et par écho, je ne compte plus le nombre de personnes ne s’y mettant pas parce que ces dernières n’auraient pas trop d’objectifs ou assimilé à l’instant T. Les objectifs, quoique primordiaux pour avancer plus loin, ne sont pas nécessaires pour débuter une langue car votre curiosité seule peut amplement suffire dans les premiers temps.
Qui plus est, et en s’y mettant concrètement, les futurs objectifs que vous vous poserez n’en seront que plus affinés. En somme, et même si l’organisation est un élément capital, ne tombez pas dans l’excès inverse qui consisterait à attendre une forme d’alignement des planètes via l’arrivée d’une « raison miraculeuse » !

Q : « Apprendre une langue : peut-on arrêter au final ?« 

LDA : Bien entendu ! Arrêter un projet d’apprentissage fait partie intégrante du champ des possibles. La vraie question résiderait surtout dans les raisons aboutissant à un arrêt ou à un autre. Arrêter trop rapidement ou bien pour des questions seulement de difficultés perçues sur le moment sont évidemment tout sauf de bonnes raisons. Néanmoins, et comme évoqué plus haut, un projet évolue forcément au gré de votre vie et vous avez parfaitement le droit de changer de priorités ou de projets. Vous n’êtes pas enchaînés à votre apprentissage alors pas de panique à ce niveau-là.
Et puis, rassurez-vous on a tous tenté d’apprendre une langue pour en être finalement assez déçu. Cela fait partie du jeu mais, au bout du compte, il n’y a qu’une seule manière de le savoir : s’y mettre.    

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« FAQ2021, Organisation et motivation »

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Un projet appliqué cela donne quoi ?


Q : Combien de temps dois-je étudier et à quelle fréquence ?

LDA : Encore une fois, la réponse variera énormément en fonction de vos contraintes et objectifs personnels. D’une manière générale, il s’agira de travailler le plus régulièrement possible voire quotidiennement. Sur ce dernier point on observera surtout que travailler quotidiennement est souvent motivé par l’arrivée des premiers résultats et des sentiments de progression.
Quant à la dose journalière, cela variera clairement en fonction des objectifs poursuivis et de la méthode/méthodologie choisie. Il n’y a pas vraiment de règles générales sur ce point.

Q : Est-ce utile de travailler plusieurs heures par jours ?

LDA : Travailler plusieurs heures par jour est hautement dépendant de vos possibilités horaires mais aussi de votre niveau actuel. Effectivement, travailler plusieurs heures par jour s’observera surtout en arrivant sur le niveau intermédiaire et n’est peu recommandable pour des niveaux « grands débutants ». Le risque sera bien d’en emmagasiner trop d’un coup et donc d’entrer dans une forme de surcharge cognitive peu propice à l’acquisition réelle et solide des informations en question.
Néanmoins, et dans le cas d’un travail spécifique se concentrant sur une quantité très limitée d’informations au même moment, le constat s’inversera souvent car plus vous y passerez de temps plus le point en question aura de chance de s’acquérir/se peaufiner. Globalement, travailler plusieurs heures par jour n’est pas à recommander car il faut véritablement savoir ce que l’on fait.

 Q : Lire, écrire, entendre et parler dois-je tout travailler ?

LDA : Les quatre compétences sacrées du CECRL sont évidement à entendre si vous projetez de passer des épreuves en langues spécifiques. Ces dernières seront dans leur majorité articulées autour de ces quatre grands aspects. En revanche, ces quatre points demeurent bien des repères pédagogiques permettant de structurer un contenu donné et, en dehors des épreuves spécifiques, ne doivent pas être extirpées ou répliquées de manière absolue.
Outre le fait de vous faire travailler des aspects qui risquent assez vite de devenir déplaisant et contreproductif, on notera également que les transferts réels entre ces différentes compétences sont souvent particulièrement surévalués ; tant cette décomposition relève clairement d’une schématisation assez abstraite au final. En somme, et à l’exception de la base d’un système d’écriture, il n’y a aucun mystère : pratiquez le plus et en priorité ce que vous souhaitez vous développer.

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Q : Les baisses de motivations sont-elles normales ?

LDA : Absolument ! Passé le rush des débuts (normal et nécessaire) apprendre en autodidacte c’est aussi faire face à des variations colossales en termes de motivation. En revanche, il est clair que les raisons derrières les variations de votre motivation seront, elles, très variables. Majoritairement, on pourrait néanmoins dégager deux grands axes principaux : celui de l’absence de résultats auto-perçus (aspect techniques) ou bien une diminution d’intérêt plus ou moins global (mindset). 

Q : La démotivation signe-t-elle l’arrêt d’un apprentissage ?

 LDA : Tout dépend de vous sur ce coup-là ! Par expérience et par écho, on notera surtout que la démotivation est avant tout un moyen auto-généré, un des plus gros auto-indicateur qui doit vous alerter sur la réalité concrète de votre dispositif d’apprentissage à court terme. Effectivement, la démotivation n’est pas un état figé en tant que tel mais relève bien d’une conséquence de quelque chose. Les périodes de démotivation sont donc en premier lieu à considérer comme relevant d’une bonne occasion de refaire le point sur votre projet, l’orientation suivie ainsi que les ressources utilisées et les différents moments de pratique que vous avez.
Ainsi, si la démotivation du quotidien fera immanquablement partie du jeu, la démotivation prolongée, elle, traduira souvent une nécessité de modifier, ne serait-ce que partiellement, votre manière d’apprendre.

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Q : Peut-on diminuer les risques de démotivation dans un apprentissage ?!

LDA : Question très légitime mais dont la réponse restera toujours sujette à caution. La motivation n’est pas quelque chose que l’on vise mais qui se génère/se renouvèle en parallèle notamment des avancées auto-perçues.
Aussi, et bien que le sujet soit vaste, l’un des meilleurs moyens de diminuer les moments de démotivation restera bien le fait d’utiliser concrètement la langue que vous apprenez (hors cadre pédagogique). Ceci afin de maximiser vos opportunités de parvenir à apprécier par vous-même vos avancées réelles ; que celles-ci soient pour l’heure limitées ou non. Le fameux double mind-set en somme.

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« FAQ 2021, Ressources pédagogiques et authentiques »

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Un vrai compromis entre quantité et qualité !


Q : « Pourquoi autant de méthodes existent ?« 

LDA : Apprendre en autodidacte est toujours lié aux objectifs personnels poursuivis et donc aux besoins particuliers qui en découlent. Dès lors, un nombre toujours croissant de méthodes diverses a émergé basé autant sur une démocratisation de l‘apprentissage des langues que sur la réalité des divers objectifs poursuivis par les uns et les autres. Aussi, et même si cela a de quoi légitimement impressionner cette réalité est en fait on ne peut plus normale.
Néanmoins, et encore une fois, vous pourrez également constater l’absolu impératif de clarifier au mieux vos différents objectifs ; tant sans cela il semble assez complexe de parvenir à s’y retrouver dans ce milieu désormais on ne peut plus vaste.

Q :  » Pourquoi y a-t-il autant de termes techniques et de jargon ? « 

LDA : Sur ce coup-là je ne peu que compatir car ne venant pas de ce milieu à la base je sais parfaitement que cela peut constituer une difficulté supplémentaire et non négligeable. La vaste terminologie répond également à cette pluralité d’outils et d’approches que nous évoquions plus haut et, malheureusement peut-être, restera nécessaire ne serait-ce que pour la transmission d’informations. Je ne peux que vous recommander de ne pas vous laisser impressionner par ce lexique plus ou moins spécifique et également d’être plus sélectif parmi les personnes que vous suivez car beaucoup de termes utilisés ne sont en fait pas identiques quand ces derniers sont mis dans la bouche des uns ou des autres.
Pas de quoi vous décourager donc mais vigilance à ne pas trop vous éparpiller avec trop de (res)sources différentes ; sous peine de ne plus parvenir à vous y retrouver rien qu’avec cette question de jargon. Après tout votre effort doit bien se concentrer principalement sur l’acquisition de votre langue visée, n’est-ce pas ?!

|+| de renseignements en lisant notre glossaire de l’autodidacte ICI

Q : « Dois-je acquérir une ou plusieurs ressources d’apprentissage ?« 

LDA : Il est essentiel de bien distinguer les ressources d’apprentissage globale et celles spécifiques. Les premières étant en générale des méthodes complète là où les secondes permettront de faire un focus sur un aspect beaucoup plus précis.
Pour la méthode/ressource principale d’apprentissage il vaut toujours mieux s’en tenir à une seule à la fois. Les raisons sont surtout à situer du côté du temps ainsi que d’un ralentissement général de votre progression si vous en utilisez plusieurs conjointement. Effectivement, le fait de cumuler plusieurs méthodes conçues de manière différentes aura souvent davantage tendance à générer éparpillements et questionnements divers rien que par la présence des multiples écarts liés aux choix de conception.

Q : « Comment choisir sa ressource principale d’apprentissage ?« 

LDA : D’une manière générale on privilégiera une méthode suffisamment dense et globale. S’il sera possible de filtrer prioritairement ce qui vous intéresse dans celle-ci (du point de vue de 4 compétences par exemple) l’idée restera bien de disposer à coup sûr d’une ressource suffisamment stable et fournie ; sous-entendu que vous pourrez utiliser peu importe les évolutions ultérieures de votre projet.
Par ailleurs, il s’agira bien de se renseigner sur les modalités concrètes d’utilisation de la dite ressource afin de trouver une méthode qui correspond au mieux à vos possibilités actuelles ; incluant d’ailleurs l’aspect logistique (format audio, manuel, streaming…).  

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Q : « Les ressources pédagogiques spécifiques sont-elles nécessaires ?« 

LDA : Oui et non. Ce type de ressources peut s’avérer particulièrement utile de manière appliquée car elles permettent d’optimiser l’apprentissage de certains points précis. À ce titre, leurs acquisitions est souvent plus étalée sur le temps car elles correspondent à des besoins très ciblés eux-mêmes liés à votre progression et aux difficultés que vous allez personnellement rencontrées. Elles ne sont donc pas obligatoires en tant que telle mais deviennent précieuses lorsqu’elles se basent sur les difficultés réellement observées par vous-même et non pas de manière imaginaire.
On notera néanmoins la grande exception que constitue les ressources liées à l’acquisition d’un alphabet par exemple qui, précisément, vous permettront de commencer véritablement votre apprentissage.

Q : « Dois-je me procurer des ressources authentiques avant le niveau avancé ?« 

LDA : Absolument ! Contrairement aux idées reçues, les ressources authentiques seront extrêmement précieuses et bien avant le niveau avancé. Si ces dernières sont clairement plus complexes à utiliser elles constituent le complément parfait pour vos ressources pédagogiques.
Outre le motivationnel, une ressource authentique est aussi un moyen de se confronter à la réalité de la langue telle qu’elle est utilisée et, de facto, constituera ainsi un filtre supplémentaire pour organiser les éléments de langues sur lesquels vous devrez vous concentrer principalement. On constate donc aussi l’importance d’apprendre à lier au mieux ressources pédagogiques et authentiques.

Q : « Puis-je apprendre une langue avec une ressource authentique ?« 

LDA : Honnêtement ?! Clairement pas ! Les ressources authentiques sont en tout point conçues et destinées aux natifs d’une langue donnée. En terme d’apprentissage, ces dernières sont donc davantage à appréhender comme des compléments aux ressources pédagogiques plus classiques. S’il est tout à fait possible de s’en saisir dès le début d’un apprentissage, moyennant une bonne grille de lecture vis-à-vis des résultats qui ne seront que peu satisfaisants au début, elles ne doivent pas remplacer leurs homologues pédagogiques…sous peine de se voir confronter à une sacrée désillusion.
Notez également que les ressources authentiques ont bien d’unique qu’elles constituent souvent, en elles-mêmes, de véritables objectifs à par entière.

Q : « Puis-je apprendre une langue via une application ?« 

LDA : Clairement pas ! Les applications d’apprentissage en langues peuvent être très utiles sur bien des aspects mais ne sauraient assurer son utilisateur de véritables avancées en langue. Autant pour l’initiation à une langue que pour consolider différents aspects (vocabulaire notamment) ces dernières pourront être très précieuses. Néanmoins, et comme vous l’aurez compris, leur rôle est plutôt à situer du côté des ressources complémentaires.

Q : « Puis-je apprendre une langue via une plateforme d’échange linguistique ? »

LDA : Au même titre que les applications en langues, les plateformes d’échanges linguistiques sont plutôt à envisager comme des lieux de pratique plus que d’apprentissage. En dehors de l’initiation, aller sur une plateforme d’échange linguistique ne fait pas l’économie d’un travail en parallèle de votre langue visée. Les conversations avec des natifs sont surtout un moyen de mettre en application ce que vous avez acquis de la langue et de la confronter à la réalité de votre interlocuteur.
Bien entendu, il sera possible de trouver de bons partenaires d’échanges mais, au final, rares seront ceux qui pourraient véritablement se substituer totalement à un professeur ou à une méthode pédagogique avérée. La variabilité des compétences des différents natifs est trop importante pour vous recommander globalement d’user de ce genre d’espace pour débuter sérieusement un apprentissage en langues.

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« FAQ 2021, Spécificités d’apprenants »

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On a tous des points forts et des points faibles


Q : « J’ai une mauvaise mémoire/capacité de mémorisation ?!  »

LDA : La mémoire et la capacité de mémorisation sont bien deux choses distinctes.  Si la mémoire relève bien d’une entité abstraite la capacité de mémorisation, elle, s’intéresse aux façons dont l’information peut être retenue. Le champ des possibles est alors amplement ouvert tant mémoriser s’appuiera autant sur l’aspect cognitif qu’émotionnel… Dès lors, le principe d’une « mauvaise mémoire » restera vraiment sujet à caution car c’est bien la capacité à ancrer des informations qui primera ; et donc, ce faisant, les différents moyens techniques sur lesquels vous seriez susceptibles de vous appuyer afin d’y parvenir. En prenant l’exemple de l’ancrage d’un mot il vous sera possible de le :

  • Mémoriser par mémorisation brute et/ou répétée (cognitif)
  • Mémoriser par marquage émotionnel (affectif)
  • Mémoriser par association à d’autres connaissances (intellectuel)
  • Mémoriser par analogies avec d’autres mots (linguistique)
  • Mémoriser par la pratique concrète (conatif)

Par ailleurs, on notera aussi que les premiers processus cognitifs utilisés en autodidacte seront plutôt à situer du côté de ceux de l’attention, de la catégorisation ainsi que de l’identification et résolution de problèmes. La mémorisation en tant que telle, bien que nécessaire et importante, reste finalement beaucoup moins impactante et sollicitée que ce que l’on pourrait trop facilement s’imaginer de prime abord.

Q : « …Timidité et anxiété face à la production orale !  »

LDA : Si le fameux blocage de l’oral touchera une très grande majorité d’apprenant il est clair que certaines fois cela pourra s’avérer encore plus complexe à appréhender. Néanmoins, différer la production orale n’est pas nécessairement mauvais dans la mesure où cela proviendrait d’une véritable décision sciemment prise.
Effectivement, parler une langue c’est aussi savoir la prononcer et, à ce titre, vous n’êtes donc pas totalement démunis. Différer la production orale n’est pas la repousser sans raisons mais doit bien vous offrir le temps de vous exercer sur plusieurs aspects de la prononciation. Le but étant de gagner en aisance sur certains de ces mêmes aspects afin de pouvoir, par la suite, vous appuyer dessus pour faciliter au mieux ce cap. Foncer tête baissée n’est clairement pas toujours la meilleure des solutions pas plus que de repousser les choses sans raisons. Dans tous les cas, n’abandonnez pas !

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Q : « Être « In-between », est-ce un avantage ou un inconvénient ?! »

LDA : Être « in-between » c’est souvent être confronté à des problèmes vraiment spécifiques. Bien plus qu’un simple apprentissage un apprenant in-between sera forcément motivé par des raisons très larges et donc encore plus personnelles. Entre identité personnelle et/ou groupale, découverte et appropriation de références et de codes différents, pression et auto-pression, mouvement incessant d’aller et retour (investissement et contre-investissement psychique)… être in-between c’est bien souvent disposer d’une motivation très puissante car viscérale mais également de freins et limitations d’une force égale.

On le voit, l’apprentissage d’une langue en tant qu’in-between a de quoi facilement déborder sur une très vaste quantité de choses et cela est parfaitement légitime. À ce titre, on observe d’ailleurs que beaucoup ne franchiront jamais le cap rien que par le sentiment d’une tâche à accomplir qui paraîtrait tout bonnement impossible à réaliser…
Si vous lisez ces lignes c’est que vous avez déjà su franchir une partie du cap alors bravo à vous ! La meilleure chose à vous dire, outre le fait de vous lancer, sera surtout liée au fait de ne pas vous mettre trop de pression rien que par le fait de vous imaginer devoir « tout apprendre ». Il n’en est rien !  S’il y a bien un avantage d’être in-between c’est bien la chance que vous avez de pouvoir choisir ce que vous prendrez au sens large du terme. D’ailleurs, autant pour ce qui à trait au linguistique que pour ce qui ne l’est pas : prenez et gardez le meilleur ! Et dans tous les cas, n’abandonnez pas !

Q : « La dyslexie et l’apprentissage des langues ?! »

LDA : Certains apprenants peuvent avoir des difficultés spécifiques liées à l’apprentissage direct. Parmi ceux-ci on retrouvera notamment le fait de la dyslexie à divers degrés. Comme à l’accoutumée rappelons qu’il n’y a pas de fatalités car il reste tout à fait possible d’apprendre une langue malgré tout. En y regardant de plus près, on constate facilement que les personnes souffrant de dyslexies, notamment pour leurs langues maternelles, ont su mettre en place tous un tas de stratégies pour l’acquisition de cette dernière. Cette forme d’inventivité est d’ailleurs amplement à saluer tout comme l’effort et le courage évident que cela nécessite ! Bravo à vous !

Reste que beaucoup restent justement sur cette forme d’impossible alors même qu’ils ont déjà fait une grande partie du travail via ce que j’évoquais plus haut. Oui, le même genre de stratégies peut être réutilisé bien qu’elles nécessitent quelques aménagements. Ainsi, la mnémotechnie et l’analogie sensorielle (position de la langue dans la bouche par rapport à un terme déjà connu…) seront aussi largement mobilisables pour acquérir progressivement la langue. Attention néanmoins à certains professionnels (orthophonistes…) car évidement cela nécessite aussi de disposer d’un minimum de connaissances sur la réalité de la langue que vous souhaitez acquérir. Bien que cela nécessite des efforts supplémentaires vous y arriverez ! N’abandonnez pas !  

Q : « Apprendre une langue, cela n’a pas vraiment de valeur ?! »

LDA : Malheureusement, il est vrai que l’apprentissage d’une ou de plusieurs langues (a fortiori en autodidacte) fera bien partie de ces nombreux domaines d’apprentissage très dévalués. Dans le meilleur des cas, seuls les résultats obtenus seront susceptibles d’être valorisés ; ceci au détriment de l’ensemble des moyens qui permettent de les atteindre. Ainsi, apprendre une langue, surtout en autodidacte, c’est aussi devoir bien souvent composer avec beaucoup de remarques et de critiques provenant de son environnement au sens large (société, acteurs individuels, proches…).

C’est l’une des raisons qui me fait souvent recommander de ne pas rester seul(e)s dans votre apprentissage. Bien que cela ne tienne pas d’une obligation, les différents retours (souvent négatifs) de votre environnement auront certainement tendance à brider vos avancées ; ne serait-ce qu’en termes d’impacts sur votre mind-set. Si les conversations avec des natifs resteront de bons moyens au sens large on notera aussi que le fait d’intégrer des groupes (Facebook…) de passionnés et ou d’apprenants sera souvent un véritable atout ; rien que vis-à-vis de la gestion de ces multiples retours négatifs. Ne restez pas seul(e)s dans votre apprentissage !   

Q : « Apprendre une langue pour un tiers, je choisis quoi ?! »

LDA : Parmi la pluralité d’objectifs et d’éléments de motivation intrinsèque on retrouve également certains apprenant décidant d’entamer un projet linguistique afin de pouvoir communiquer avec un tiers identifié : Conjoint/conjointe, ami(e)s ou encore beaux-enfants. Il s’agit bien souvent d’un lien très affectif unissant l’apprenant et une ou plusieurs personnes réelles ( entendu comme non fantasmée à l’autre bout du globe). Dans de telles situations, je vois trop souvent des apprenants se diriger vers des méthodes plus ou moins classiques (avec ou sans professeurs) afin d’entamer et d’avancer dans leur apprentissage « personnel ». Néanmoins, et une fois n’est pas coutume, je ne peux que vous recommander de vous orienter plutôt vers des approches de type talkative et autres actions de formations. Mais pourquoi donc ?!

En réalité, ces méthodes d’enseignements (qui resteront bien limitées d’un point de vue général) se posent pour objectif principal celui de la communication orale dans des situations majoritairement informelles. Or, c’est bien de cela dont vous aurez clairement le plus besoin afin d’avancer sur votre objectif premier. Effectivement, comprendre  les variations de la langue et formuler des choses plus élaborées dans un vaste panel de situations restera finalement très loin de votre objectif principal tant ce dernier doit et devra se concentrer sur votre capacité à communiquer avec la personne désirée.
Dès lors, les bases langagières et l’accent communicationnel des talkative approach resteront beaucoup plus pertinents pour vous ; et ce, d’autant plus que ces mêmes bases seront, consciemment ou non, enrichie par les échanges avec le tiers natif donné.
En somme ne choisissez pas une méthode qui vous éloignerait trop de votre objectif premier et des besoins réels qui en découlent.    


Et vous alors ?! Avez-vous des remarques ou des questions sur l’apprentissage des langues en autodidacte ?! Dîtes-nous tout dans les commentaires de cet article !


Si cet article vous a intéressé, merci de nous suivre, aimer et partager afin que d’autres puissent en bénéficier

La FAQ anniversaire de Langues d’Ailleurs sur l’apprentissage des langues en autodidacte!! #langues #Autonome #conseils #languesailleurs #autodidacte

Bon apprentissage à vous,

Matthieu Rukmal P | Langues d’Ailleurs |

2 commentaires

  1. Excellentes questions mais que la plupart des apprenants ne se posent pas car suivant un schéma reçu à l’école… Et puis la diplômite est un puissant vecteur de focalisation (et de régression) qui détourne les énergies et les priorités d’apprentissages.
    Apprendre seul•e est délicat car à deux étapes cruciales, deux types d’intervenants sont nécessaires : un professeur/coach/tuteur… plutôt non-natif au démarrage (après découverte avec une application pour être sûr) et un autre pour le démarrage du « parler ».
    Notons que certaines langues ont peu de supports non natifs comme le croate. Et le croate, sans notions grammaticales (elles sont aussi à géométrie variable…) et sans grammaire, difficile à gérer sans prof!
    Apprendre les mots à voix haute est excellent mais pour communiquer, un minimum de deux est requis…

    Pour trouver d’excellents supports, en plus de Langues d’ailleurs, mon site labdeslangues.blog 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour Xequeo et merci pour votre commentaire !
      Ravi que vous ayez apprécié cette FAQ thématique ! Beaucoup de questions n’ont pas pu être abordées mais cela, je l’espère, offrira quelques repères supplémentaires !
      Effectivement, le fait de lier « authentique » et « pédagogique » restera en général le meilleur équilibre pour envisager la progression. Reste qu’avec la pluralité de ressources existantes, trouver une méthode adéquate peut être finalement assez difficile !

      Comment se passe votre apprentissage du croate ?

      Vous avez bien raison celles et ceux lisant ces commentaires doivent aussi se rendre sur labdeslangues.blog 🙂
      |Langues d’Ailleurs|

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