|Organisation| Focus technique : « La mnémotechnique, utile ou non ? »


Beaucoup de méthodes et de supports se targuent d’utiliser divers procédés mnémotechniques dans leurs compositions. Ceci en stipulant que la mnémotechnique serait l’un des moyens ultimes de mémorisation dite efficace. Alors, est-ce vraiment le cas ?!! On en parle !

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Note à l’attention des lecteurs : Cet article a pour objectif de présenter globalement une technique théorico-pratique courante dans l’apprentissage en langues. Ce dernier procède d’une réflexion induco-hypothético-déductive menée sur plus de 6 ans d’apprentissage. Toutefois, il ne saurait être appréhendé comme un cours/module de science cognitive portant sur le fonctionnement de la mémoire.


|►Sommaire

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« La mnémotechnique : tour d’horizon »

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On ne mémorise pas vraiment !


On ne va pas s’en cacher, la mnémotechnique restera un terme au combien large. Néanmoins, il n’est pas rare de constater un détournement de ce type de technique en la considérant un peu trop comme relevant d’un moyen de mémoriser une ou plusieurs informations. Bien que nous verrons que ceci n’est pas totalement à exclure, prenons le temps de préciser qu’avant-toute chose la mnémotechnique regroupe bien des stratégies ayant pour objectif premier non pas de mémoriser mais bien de faciliter la remémoration d’une ou plusieurs informations données. Autrement dit :
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|► Il s’agira bien de la création de moyens permettant de réaccéder à une information mémorisée plutôt qu’un processus de mémorisation en tant que tel.

Si cette nuance dispose d’une importance fondamentale c’est que la mnémotechnique devient alors une carte supplémentaire dans votre arsenal cognitif, dans l’éventail des possibilités que vous pouvez utiliser pour réaccéder une information donnée. Effectivement, bien comprendre cette nuance de taille c’est aussi comprendre que la création de moyens mnémotechniques peut, en l’état, se réaliser après la mémorisation d’une information :
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|► Créer un moyen mnémotechnique n’est pas obligatoirement à réaliser au moment de la tentative de mémorisation ; ce dernier point n’étant donc qu’une simple possibilité.

En revanche, il est évident que la confusion générale sur ce point trouvera aussi son explication dans une forme d’idéal scientifique ; au sens où celui-ci tenterait de maximiser l’intérêt de ce type de techniques en tentant de combiner la mémorisation et les possibilités de remémorations d’une information au même instant.
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|► Entendons par là que créer un moyen mnémotechnique serait, idéalement parlant, le fait de mémoriser une information donnée ET un moyen de s’en souvenir au même « moment de mémorisation ». 
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Un constat qui bien qu’observable à bien des égards, ne sera pourtant pas à généraliser à outrance ; ceci sous peine de vous priver potentiellement de possibilités supplémentaires dans votre apprentissage. Sur ce point nous y reviendrons dans quelques instants puisque, en premier lieu, qui dit mnémotechnique dit déjà deux grandes facettes clairement bien distinctes. Deux grandes facettes sur lesquelles nous allons bien sûr nous pencher maintenant.

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En bref, la mnémotechnique regroupe l’ensemble des techniques permettant de faciliter la remémoration d’une information donnée. Souvent en la mettant en lien avec d’autres informations elles-mêmes plus ou moins éloignées du linguistique en tant que tel (images, ressemblance phonologique, petites histoires…). Oui mais…

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 « La mnémotechnique : emprunter un moyen »

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Lier deux informations : Attention ! DANGER !!!


Majoritairement, lorsque l’on est amené à mentionner la mnémotechnique, on aura tendance à parler des associations entre l’information visée et une autre disposant, elle, d’une autre nature.

|► L’exemple certainement le plus iconique sera typiquement celui d’un « mot associé avec une image » ; ceci afin d’en faciliter l’appréhension (mémorisation puis remémoration donc).

Un principe bien connu et notamment sur les applications de vocabulaire (à l’image de DROPS par exemple) ou encore par l’entremise des ressources de types « dictionnaire visuel » qui s’appuieront, elles, pratiquement entièrement sur ce principe…Toutefois, par expérience et par échos, on constatera souvent des résultats finalement assez limités et qui se traduiront souvent par des grandes impossibilités/difficultés à réutiliser ces mêmes informations en dehors du contexte de l’application/la ressource spécifique. 

À n’en pas douter, les explications sur ce point seront finalement assez simple car, l’utilisation des moyens mnémotechniques sera, dans ce cas de figure, emprunté à un tiers / proposé par un tiers. Dès lors et n’étant pas créés par soi-même, les informations mises en perspectives seront, cognitivement parlant, (re)liées mais non associées directement. Or, ce lien mental nécessitera, dans le meilleur des cas, un temps nécessaire supplémentaire afin d’être parcouru avant de parvenir finalement à accéder à l’information voulue.

Vous l’aurez compris, le risque majeur quant au fait d’emprunter des moyens mnémotechniques à outrance sera bien le fait de mémoriser finalement systématiquement deux informations au lieu d’une ; ou plutôt deux et demi (l’information A, le moyen de remémoration et l’information B). Par la suite, se posera la question du moyen de remémoration en lui-même tant il est vrai que, certaines fois, on pourra constater une capacité à se remémorer le moyen (anecdotes) sans pour autant parvenir au mot recherché par exemple. Un constat moins répandu en proportion mais qui peut survenir également.

|► L’essentiel des problèmes majeurs se situera donc surtout au niveau de la charge à mémoriser devenant dès lors deux fois supérieure à la normale & au temps supplémentaire nécessaire à l’accès en mémoire.

Effectivement, là où rajouter une seconde d’accès en mémoire sur 10 mots n’aura que peu d’impact réel, le faire sur 500, à l’inverse, risquera bien d’engendrer une compréhension/production qui nécessitera donc, rien qu’à ce niveau, plus de temps réel pour opérer derrière. Vous voyez bien le principe.   

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En bref, emprunter des moyens mnémotechniques à un tiers est très souvent une mauvaise idée. Malgré le discours ambiant lui octroyant un effet facilitant, on se rendra vite compte que, loin d’être totalement inutile, ce sera plutôt une véritable question de dosage !

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« La mnémotechnique : créer un moyen »

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La démarche induco-hypothético-déductive


L’autre grande manière d’envisager la mnémotechnie consistera de l’appréhender via la création du moyen en lui-même. Bien qu’en nature cela change peu de choses tant vous aurez certainement recours au même choses (images, histoires, proximité phonologique avec des mots connus…) il est clair que la différence et l’efficacité proviendront du côté infiniment plus personnel de l’opération. Personnel voire intime.

|► Souvent rocambolesque, ce genre d’associations aura le mérite non pas de relier deux informations mais plutôt de les fusionner entre-elles

Une nuance loin d’être anecdotique tant, au bout du compte, fusionner deux informations impliquera un temps de remémoration pratiquement inexistant, à peine perceptible dirons-nous. Dès lors, se rappeler d’une information impliquera instantanément la remémoration de l’information associée/fusionnée et l’on en comprendra d’autant mieux les effets plus importants en situation d’utilisation réelle de la langue.

|► Moins de risques d’oublis généraux, plus de rapidité dans l’utilisation de tel ou tel élément mémorisé, sans oublier la fameuse diminution générale de l’effort cognitif nécessaire à l’utilisation de la langue.


À cela on rajoutera évidement le moins grand impact des possibles altérations liées à des facteurs extérieurs (stress…) sur votre capacité de remémoration. En effet, plus on multiplie les différentes étapes en mémoire/restitution plus on augmente les risques que celles-ci soient perturbées en plusieurs « endroits différents » ; qui pourtant aboutiront pratiquement toujours au même résultat : celui de ne plus se rappeler !  

Toutefois, on notera aussi que même du point de vue de l’apprentissage le constat sera aussi et souvent nettement supérieur. Majoritairement, créer un moyen mnémotechnique pourra être soit plus long soit vraiment plus rapide que de l’emprunter. Les deux existent d’une certaine manière. Effectivement, il est clair que certaines « créations mnémotechniques », certaines associations se feront assez facilement, pratiquement automatiquement, au point où l’on pourrait même parler d’évidence ; au sens où ce lien vous paraîtra à vous évident d’une certaine manière.
Nul besoin d’épiloguer sauf à préciser également que l’habitude prise de se créer des petits moyens mnémotechniques personnels rendra ce même processus de création de plus en plus facile par la suite. Un bon, très bon réflexe en somme.

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En bref, la création de moyens mnémotechniques personnels est en tout point supérieure à son homologue. Elle n’est pas systématiquement plus complexe à réaliser et engendre des résultats souvent beaucoup plus pérennes.

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« La mnémotechnique : deux vraies cartes à jouer »

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Dans les deux cas, ce sont deux possibilités en plus !!!


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Afin de conclure ce tour d’horizon, il s’agira bien de retenir que la mnémotechnique restera avant tout un moyen de remémoration et non de mémorisation en tant que telle. Si d’une manière générale la création des moyens mnémotechniques sera souvent bien plus efficace que de les emprunter, on rappellera surtout qu’un moyen mnémotechnique pourra être trouvé/utilisé après la mémorisation de l’information problématique.
Autant se le dire, si vous constatez de vraies difficultés sur le réemploi de tel ou tel terme, il peut être intéressant d’investir du temps sur l’obtention d’un moyen mnémotechnique plutôt que de perdre des semaines en essayant de vous le faire rentrer de force en tête…

Il s’agit donc de considérer la mnémotechnique comme deux cartes supplémentaires possiblement utilisables afin de retenir/réaccéder à une ou plusieurs informations que vous avez du mal à retrouver en mémoire. Pour cela, on constatera encore une fois :

|► L’importance de se confronter au terrain afin précisément d’apprécier l’importance réelle quant au fait de retenir telle ou telle information spécifique.

Effectivement, et contrairement à la répétition espacée qui nécessitera un minimum de temps afin de fonctionner, emprunter ou créer un moyen mnémotechnique demandera souvent finalement moins de temps.
C’est ainsi que, même une heure utilisée afin de créer cet outil sera toujours moins long que de noyer l’information dans la masse de termes de vos logiciels de répétition. À l’inverse, utiliser systématiquement la mnémotechnique sur un nombre très conséquent de termes renversera la tendance ; tant créer/trouver un moyen efficace et nouveau pour retenir isolément 500 mots demandera évidement un temps on ne peut plus colossal (contrairement pour le coup à la SRP).

En d’autres termes et comme à l’accoutumée, la mnémotechnique constitue bien une carte de plus dans votre manche pour ce qu’il en va de votre processus d’apprentissage ; une carte que vous êtes dès lors libres d’utiliser lorsque vous le jugerez nécessaire. Toutefois, et malgré le discours ambiant, sans prendre trop le risque d’en surévaluer les résultats potentiels ; et notamment lorsqu’appliquée à une très (trop) large quantité de termes. Aussi, et comme toujours, c’est bien votre capacité à apprécier l’importance de telle ou telle information, de filtrer les différentes informations qui vous permettra d’adopter la meilleure stratégie possible; et ce, en commençant par votre lexique, d’ailleurs !

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En bref, la mnémotechnique est un outil supplémentaire qui pourra vous apporter une grande aide si bien utilisée. Attention toutefois à ne pas surévaluer l’efficacité d’un outil en généralisant un peu trop son application.


Et vous alors ?! Avez-vous des remarques sur la mnémotechnique ?! Utilisez-vous déjà ce genre de techniques ?! Dîtes-nous tout dans les commentaires de cet article !


Si cet article vous a intéressé, merci de nous suivre, aimer et partager afin que d’autres puissent en bénéficier

La mnémotechnique est-elle utile?! On en parle ! #langues #techniques #organisation #motivation #autodidacte #ressources #progression #conseils

Bon apprentissage à vous,

Matthieu Rukmal P | Langues d’Ailleurs |

2 commentaires

  1. Des trucs de mnémotechnique sont parfois amusants pour se rappeler un mot compliqué ou une série. Pas vraiment convaincu pour apprendre du vocabulaire en langue étrangère, j’en crée toutefois pour certaines règles de grammaire comme les déclinaisons un peu exotiques par rapport aux généralités. Par exemple le mot IRA me permet de retrouver rapidement les terminaisons un peu différentes du génitif masculin croate (ir pour les adjectifs, a pour le nom). « Never believe a lie » est un exemple aussi pour fixer un point confus. Pour des listes, comme en français, Des trucs peuvent être utiles; Un bouquin sympa en regroupe pour le français et parfois l’anglais « dico mémo, Olivier Kayser. Exemple: My Very Easy Memory jingle Seems Useful Naming Planets. À vous de deviner les mots retenus par cette phrase!

    La mnémotechnique intéressante est celle du travail sur la capacité de mémorisation. C’est à dire les trucs pour l’entraîner. Et là, on trouve de tout sur le web! https://www.verywellhealth.com/memory-tip-1-keyword-mnemonics-98466

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour Xequeo et merci pour votre commentaire !

      ► Vous avez bien raison de rappeler que la mnémotechnique peut aussi servir à autre chose qu’au lexique. Même si là, c’est encore plus individuel que pour le vocabulaire. Mais vous avez bien raison de l’utiliser face à certaines règles/mécaniques un peu tordues certaines fois !

      ► Après avoir lu l’article lié, effectivement et à ma grande crainte, celui-ci n’est qu’un condensé de techniques vues et revues mais qui, mal utilisées, auront le don de demander un temps colossal pour simplement « espérer fonctionner »…D’où cet article !

      Merci pour le temps accordé et bon apprentissage à vous pour le croate ! Ne lâchez rien et à bientôt !

      |Langues d’Ailleurs|

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