Langues et apprentiss-âge : « Ai-je l’âge d’apprendre une langue ? »



L’âge est un facteur particulièrement déterminant dans l’apprentissage en général. C’est tout du moins ce que beaucoup tendent à formuler ou à croire eux-mêmes. Entre les avancées (neuro)scientifiques et les découvertes multiples quant aux divers facteurs qui faciliteraient l’apprentissage, beaucoup se (re)posent la question. Alors l’âge pour apprendre une langue, si important que cela ? On en parle !  


À l’attention des lecteurs : cet article est une mise au propre de réponses et d’échanges avec plusieurs personnes ayant soulevé cette interrogation. À ce titre, il n’a donc pas pour vocation à être entendu comme quelque chose de trop généralisant, jusque dans le fait de nier certaines difficultés potentielles par exemple, mais bien pour ce qu’il est : une réflexion basée sur la réalité de nos différents échanges ; ni plus ni moins. Je tenais donc à remercier chaleureusement toutes celles et ceux qui, directement ou indirectement, m’auront permis de réaliser le présent article.

Bonne lecture,
| Langues d’Ailleurs |

« De la plasticité cérébrale ou de la plasticité céré-graal ? »

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Si l’on avait eu besoin des neurosciences pour apprendre quoi que ce soit, on n’aurait pas pu les créer !


On n’en va pas s’en cacher, les évolutions diverses des connaissances sur le fonctionnement du cerveau humain auront clairement impactées beaucoup de choses et à commencer par le fait même de l’apprentissage. Entendons-nous bien tant il est vrai que si le principe même d’apprendre n’a absolument rien de nouveau en soi, les manières d’apprendre, elles, auront clairement évoluées pour finir par devenir ô combien diverses ; et ce, autant dans le fond, la forme que le format, d’ailleurs.

Si les avancées en neurosciences ne sauraient être qualifiables de totalement inutiles, il convient cependant, et à mon humble avis, de ne pas les placer, ex nihilo, au-dessus du reste. En la matière, la première des avancées en lien avec l’apprentissage des langues notamment renverra évidement à la question de cette fameuse « plasticité cérébrale ». Expression désormais iconique, figée, que j’aime personnellement tourner (un peu) en ridicule en la reformulant de la sorte : la plasticité cérébrale ou le principe du cerveau éponge. Reste qu’une éponge toute utile qu’elle puisse être ne servira pas à grand-chose sauf à laver quelques assiettes non ?! 

Effectivement, c’est bien de cela dont il s’agit avec cette fameuse plasticité, cette fameuse souplesse du cerveau si propice à l’apprentissage « optimal ». Le principe de l’apprentissage par le seul fait de l’exposition, de l’immersion, et donc, d’une certaine manière, sans aucuns efforts. La plasticité cérébrale est donc, avant toute chose, l’acception scientifique de l’apprentissage miracle par le seul fait de recevoir et non celui de l’envie, de la volonté et de la persévérance qui immanquablement accompagne ces deux dernières. On ne peut plus paradoxal dirons-nous car qui aurait cru que les « grands scientifiques » s’en remettraient, un jour, à la vision moderne d’une forme de lampe magique que d’aucun devrait simplement tenir et frotter en émettant un souhait quelconque finalement…ceci en attendant de recevoir le précieux sésame donc :

« Ô plasticité, grande plasticité exauce mon souhait d’apprendre telle ou telle langue ! 
(…) »

En bref, il va sans dire que la plasticité cérébrale dans ce qu’il en est dit usuellement, tient davantage d’une énième réitération d’un conte de fées. Ah oui ! Bien sûr, c’est pour les enfants ! Alors, c’est peut-être cela la fameuse réponse finalement… ?

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« Apprendre comme un enfant, l’ultime clef de l’apprentissage ? »

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Apprendre comme un enfant ou le meilleur moyen d’en prendre pour dix ans.


Effectivement, la mise en avant de ce genre d’éléments comme garant de « l’apprentissage optimal » n’est pas sans lien avec l’émergence de tous un tas d’outils plus ou moins nouveaux dans le fond. C’est ainsi que, en toute logique, l’apprentissage par le jeu, dans la droite lignée des lignes précédentes, a donc émergé à tout va. Au programme donc, apprentissage ludique et fun assuré pour celui ou celle qui userait de ce même outil, exactement à l’image d’un enfant jouant, plus ou moins de manière hasardeuse, avec des briques de Lego… Certes, mais avons-nous songé, rien que quelques instants, à l’absurdité de la comparaison en question ?! À dire vrai, rien que quelques secondes suffisent amplement pour se rendre compte de ce qui frôle, finalement, l’énorme supercherie…

Combien de temps mettra cet enfant avant de parvenir de lui-même à s’exprimer un minimum dans sa propre langue maternelle ? Lançons les paris car nul doute que cela ne se résumerait finalement qu’à une énième bataille de chiffes ; mais gageons que la réponse se situerait, au minimum autour de dix. Non pas dix minutes, ni même dix heures. Non pas dix jours, ni même dix semaines. À vrai dire, même pas dix mois mais bien dix ans.  Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous mais, personnellement, dans dix ans, je ne me vois pas être littéralement entrain de réciter un tableau de cas… 
Comme vous l’aurez compris, il s’agit bien là de parler d’un véritable paradoxe. Promettre un apprentissage autant plaisant qu’extrêmement rapide, en ne se basant que sur l’apprentissage par le jeu comme les enfants alors même que ces derniers, via les mêmes procédés donc, ne mettront pas moins de dix ans à y parvenir, effectivement, on ne va pas se mentir : il y aura là au moins de quoi rire.

Entendons-nous bien tant, personnellement, je n’ai absolument rien contre le principe de jeux ou de ses nombreuses théorisations ayant, entre autres choses, engendré ce que l’on dénomme actuellement sous le terme de « gamification ». Au contraire même car en tant qu’ancien « gamer » je connais les vertus du jeu dans l’apprentissage mais en mesure également, à mon modeste niveau néanmoins, les limites qui vont avec. Jouer permet en première instance d’utiliser ceci ou cela ou, pour le dire à notre sauce, de mettre en pratique ce que l’on a appris par ailleurs ; et souvent dans un contexte plus favorable car moins stressant et plus interactif. C’est donc avant tout un outil de pratique et de consolidation, de confrontation de ce qui a été appris en parallèle. Encore faut-il qu’en parallèle il y ait aussi d’autres outils et d’autres façons de faire ; des outils élaborés en fonction d’autres choses à l’image, au hasard dirons-nous, de l’âge des utilisateurs par exemple non ?

En bref, l’apprentissage comme un enfant n’est absolument pas à envisager comme une solution miracle en vue d’un apprentissage qui serait lui-même « optimal ». Entre apprendre comme un enfant et apprendre en se divertissant il y aura, autant dans les faits que dans l’idée, un sacré gouffre.

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« Apprentiss-âge : Plus âgé c’est aussi plus d’outils »

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Quand on parle d’outils : il en vaut mieux plus que pas assez !


Effectivement, si l’âge ne semble que peu impacter la réussite d’un apprentissage linguistique ou d’un autre, c’est aussi parce que l’avancée en âge sous-tend beaucoup d’autres choses que le simple fait de compter un nombre d’années au sens strict de l’opération. D’ordinaire, on aura une tendance à mettre en avant la « plus grande rigidité » liée au vieillissement ; due à l’ancrage d’un certain nombre d’habitudes, ou pour ce qui nous intéresse ici, au côté plus ou moins verrouillés, et plus ou moins supposés d’ailleurs, de certains automatismes langagiers… On notera de suite une différence plus qu’importante à relater entre le fait d’une forme de rigidité liés aux outils utilisés et aux « façons de faire » comparativement à celle qui serait plutôt à ranger du côté des traits de caractères.  À ce titre, et l’on ne va pas se mentir, si la première pourra, éventuellement, être constatable chez les uns ou chez les autres, la seconde, quant à elle, ne reposera finalement sur absolument pas grand-chose ; pour ne pas dire : pas grand-chose du tout.  

Vous l’aurez sûrement compris, mais en premier lieu il conviendra surtout de s’interroger sur les différents outils réellement utilisés par les uns ou par les autres ; et ce, jusque dans la ou les façon(s) de les utiliser au quotidien. À ce propos plus qu’évident, il me semble néanmoins important de rappeler que l’avancée en âge, autant du point de vue d’une seule langue que de plusieurs, permet aussi d’envisager sans trop se méprendre une meilleur connaissance/compétence dans sa propre langue (si monolingue notamment). C’est ainsi que, par le terme d’« outils », il conviendra également d’insister sur tous ceux qui, de prime abord, peuvent nous apparaitre sûrement comme étant moins concrets. Moins concrets, certes, mais pas moins inutiles pour autant.
En effet, si les effets de proximités entre plusieurs langues restent un outil non négligeable pour l’apprentissage d’une langue ou d’une autre, l’avancée en âge permet aussi d’envisager l’existence de ces derniers d’une manière quantitativement plus importante. Au bout du compte il s’agira bien, ici, d’un précieux atout qu’il conviendra vraiment de rappeler à qui veut bien l’entendre tant, après-tout, il serait fort regrettable que de s’enlever de soi-même des outils d’apprentissage non ?!

De la même manière, on ne pourra s’empêcher de préciser que l’expérience de vie aura aussi son rôle à jouer dans l’apprentissage d’une ou de plusieurs langues. Formulons-le ici, non pas tant pour singer quelques trucs et astuces de « néo-coaching » mais bien dans le but de mettre en évidence que le fameux cerveau fonctionnera autant sur fond de répétitions que d’associations. Or, et sur ce dernier point, les diverses associations qu’il sera possible de réaliser afin de mieux mémoriser tel ou tel aspect d’une langue s’en trouveront être également multipliées par l’expérience de vie grandissante. Dès lors, qu’il s’agisse d’associations d’ordre intellectuelles et/ou émotionnelles, il ne fait aucun doute que tout ceci participera aussi de ces atouts non négligeables facilitant par bien des aspects la progression et l’apprentissage en question.

En bref, force est de constater que les questions liées à l’âge renvoient bien souvent à celle plus générique de : comment utiliser au mieux les « outils » dont je dispose actuellement ? Si la formulation aura toujours quelque chose d’un peu galvaudée, il n’en reste pas moins que, dans le fond, elle sera très loin d’être si idiote que cela. Et d’ailleurs, vous, qu’en pensez-vous ?!

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« Apprentiss-âge : plus âgé, plus impliqué ? »

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« Prendre les choses au sérieux n’est pas une blague !
-Sans blagues…?!
-..sans blagues ! »


Comment conclure cet article sans évoquer l’un des principaux facteurs déterminants pour ce qu’il en va de la réussite, progressive mais réelle, de tout apprentissage qui se respecte : le sérieux. Entendons-nous bien car je ne souhaite pas, ici, faire mention du sérieux « moribond », du sérieux « aigri » pas plus que du sérieux de « principe » mais bien du sérieux « sérieux » ; du sérieux authentique et sincère accompagnant, finalement, toute démarche d’apprentissage réelle. Toutefois, gageons que pour que l’on puisse prendre ceci ou cela au sérieux, il faudra bien, quelque part, rien que quelques semblant de raisons qui le soient également.

Dès lors, on ne pourra s’empêcher de mentionner le fait majeur de l’implication dans l’apprentissage d’une ou de plusieurs langues. Une implication souvent plus personnelle, plus choisie et voulue, et qui figurera, au bout du compte, parmi la liste des éléments les plus porteurs. Loin du plaisir de découvrir pour le seul fait de le faire (sans l’exclure totalement néanmoins), on pensera évidement au fait de, plus simplement, plus modestement peut-être, essayer d’emmener ceci ou cela un peu plus loin ; rien qu’un peu plus loin… Mais ne nous y trompons pas tant ceci restera bien synonyme d’enjeux, de véritables enjeux et d’autant de raisons profondes que de s’atteler à la tâche.

Autant se le dire, si la mémoire peut, par certains aspects tout du moins, être sujette au vieillissement, l’implication, elle, s’affranchie sans encombre de ces préoccupations ; voire même, le cas échéant, de l’entièreté de la question. L’implication et la motivation qui en découle inévitablement ne sont pas à attribuer, magiquement, au seul fait des uns ou des autres mais bien à appréhender et à encourager pour ce qu’elles sont et ce qu’elles valent en elles-mêmes. Aussi, que vous ayez trente, quarante, cinquante, soixante ans ou même davantage, apprendre une langue renverra et reposera davantage sur votre propre façon d’appréhender les choses et les possibles. Avant tout, il s’agira bien là d’une affaire de sens, de démarche et de persévérance ; beaucoup plus que d’un simpl(ist)e empilement de chiffres et de nombres…En bref, quoique sans raccourcis cette fois :

Que l’on parle des grands moments de partages ou bien des petits moments « sans », de ce qui sera divertissant ou de ce qui sera peut-être un peu plus « ennuyant », de ces progrès fulgurants ou de ces moments de « stagnations », de ce qui s’écrira en un instant ou de ce qui demanderait finalement des « dizaines de milliers de pages » …pour tout cela, je ne retiendrai qu’une seule formule : Bon apprentissage !

Et vous alors ?! Apprenez-vous une ou plusieurs langues et quel âge avez-vous (sans indiscrétions bien entendu) ?! Dîtes-nous tout dans les commentaires de cet article !


Si cet article vous a intéressé, merci de nous suivre, aimer et partager afin que d’autres puissent en bénéficier.

Âge et langue peuvent aussi faire bon ménage ! #Langues #Autodidacte #Apprendre #Projet

Bon apprentissage à vous,

Matthieu – Rukmal – P

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